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Télématin


diffusion le jeudi 16 janvier 2020 à 9h10 sur France 2

– Isabelle nous invite à nous couvrir, ce matin. Il faudra que vous trouviez un réparateur pour le triporteur. Loïc en casse! Une petite laine 100 % française?
– Isabelle Martinet : Ce serait super bien. Il y a aujourd'hui un paradoxe. On a en France une soixantaine de variétés de moutons et de brebis, avec des propriétés de laine différentes. Sauf qu'en dehors du mérinos, il n'y a pratiquement plus de demandes. Il va rester 45 filatures en France et nous exportons 80 % de notre laine en Chine, où elle est traitée et, ensuite, nous l'importons selon les besoins. C'est un peu spécial. Le souci est que ces toisons n'ont plus de valeur, sauf quand il s'agit de mérinos. La tonte, qui est obligatoire pour le bien-être des brebis, coûte plus cher que le prix du kilo de laine vendu. C'est comme ça qu'on a vu des éleveurs jeter leur laine. C'est inconcevable.
– Laurent Bignolas : Ily a une solution?
– Isabelle Martinet : C'est La filière essaie de se dynamiser avec un programme. Nous avons rencontré son initiateur. L'idée serait de remettre du lien entre les éleveurs, transformateurs et créateurs. Nous avons une soixantaine de races. Les créateurs... Pardon, j'ai de la laine dans la gorge. On a aussi rencontré une créatrice de mode masculine qui utilise dans ses manteaux de la laine des Pyrénées.
– P_Gautrand: Ici, nous avons créé une vitrine pour les laines françaises, qui n'avaient pas de visibilité jusqu'à présent. C'est un lieu où on diffuse de l'information, des échantillons qui permettent de savoir tout ce qu'on peut faire avec les toisons de moutons français. Longtemps, on a utilisé l'ensemble des produits des moutons: la laine, la viande, le lait, la peau. Au XIXe, on invente un nouveau type d'élevage très extensif, extrêmement standardisé, qui permet de se focaliser sur une seule race, le mérinos. A partir de ce moment, pour l'ensemble des autres races locales françaises ou européennes, la laine n'a plus de valeur. Aujourd'hui, notre but est de reposer l'intérêt sur cette biodiversité de races, une soixantaine en France. Chacune a des caractéristiques de toison, de coloris, de finesse différentes.