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C dans l'air


diffusion le jeudi 16 janvier 2020 à 4h55 sur France 5

– C'est moins de 10 % de la fonction publique nationale, 90 % des punitions. C'est invisible car tout est interne. C'est une relation incestueuse dans le système policier. Il se refuse à avoir un regard extérieur sur la manière dont il traite ses policiers en interne. Récemment, il a autorisé les syndicats à les défendre. M.Valls l'a fait, mais il n'a jamais autorisé la participation du Défenseur des droits, d'une commission des droits de l'homme, d'une institution comme les affaires internes dans les pays anglo-saxons quand il y a confrontation entre un citoyen et la police, quelle que soit la nature de la confrontation.
– César Roux : Nous allons revenir sur le rôle de l'IGPN, la police des polices. Comment expliquez-vous que cette fois, après des dizaines d'images, l'exécutif ait dit: "Il va falloir trouver d'autres mots, accepter la réalité"? On avait l'impression qu'au sommet de l'Etat, il y avait une volonté de ne pas avoir, en tout cas de prendre systématiquement fait et cause pour les forces de l'ordre, y compris lorsqu'elles sortaient des rails.
– Axel Bauer : C'est la nature de notre Etat de ne jamais dénommer les choses. Un criminel est un délinquant. Un délinquant est une incivilité. Plus rien n'a de sens car nous ne savons plus dire les choses telles qu'elles sont. Ils n'ont toujours pas parlé de violences policières. C'est étonnant. La police n'existe qu'à cause d'une phrase d'un sociologue, Max Weber, qui dit: "La police n'existe que parce qu'elle a le monopole de la violence légitime." Le mot "violence" n'est pas un gros mot. La police est violente car elle a le monopole Nous parlons de l'exagération, l'illégitimité de l'exercice de cette violence.
– César Roux : On y est.
– Axel Bauer : Largement. Le 2e élément, c'est ce petit truc. 60 millions de caméras bien plus efficaces que la vidéosurveillance et la vidéoprotection, qui diffusent tout, avec un élément diffuseur qui n'est pas contrôlé par l'Etat... Ce sont les réseaux sociaux.
– César Roux : C'est la guerre des images et ça complique le travail des policiers au quotidien.