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Passage des arts


diffusion le jeudi 16 janvier 2020 à 0h45 sur France 5

– "Il m'a apporté du rêvé, des ailés, dé la sérénité."
– Il m'a donné confiance, il m'a regardée. Ce qui rejoint un peu... Dans une famille nombreuse, c'est difficile de faire partie d'un groupe. Vous n'êtes pas totalement regardé. C'est la masse qu'on regarde. Pialat m'a donné cette opportunité de me "créer une identité". Il a posé un regard sur moi et c'est ce qui m'a rendu sereine. J'ai pu faire un métier formidable, j'ai pu créer... J'ai le choix de dire oui ou non... J'ai pas de problèmes d'argent. Déjà, ça, ça a changé complètement mon parcours, mon destin. Il m'a tirée d'un milieu. J'ignore ce que j'aurais été sans lui. "Sous le soleil de Satan", Palme d'or à Cannes. Archive de 1987.
– Ça m'affecte toujours beaucoup quand on me charrie sur ma façon d'être avec les gens. Au contraire... Au moins quand on joue. c'est le principal pour nous. Je dis pas le reste du temps, mais quand on joue, je suis très proche des comédiens. Je suis avec eux, je les aime. Entre les prises et dans la vie, c'est beaucoup demander !
– C'est ce que vous résumiez.
– Oui, parce que c'était quelqu'un... C'était un écorché vif. Il s'en prenait aux autres, mais en fait, il avait une colère contre lui-même. Mais il avait des grands moments de tendresse. J'étais l'enfant qu'il n'avait pas encore à ce moment-là.
– Bien sûr. Qu'il mettra en scène dans "Le Garçon". Beaucoup de cinéastes vous ont fait travailler. Les plus exigeants. Rivette, Doillon, Chabrol... "La Cérémonie" a reçu un prix en 1995. Vous n'avez pas pris de cours de comédie. Mais vous n'avezjamais parlé de revanche sociale. C'est pas comme ça que vous vivez cette arrivée dans le cinéma.
– Pas du tout. Il n'y avait pas de revanche à prendre. Et puis venir d'un milieu ouvrier n'est pas honteux. J'ai envie de dire que c'est un... C'est une chance d'avoir connu les deux. Etje pense que si j'ai gardé les pieds sur terre, c'est sûrement lié à cette vie que j'avais avant. Je me souviens de mon père qui allait bosser pour nourrir J'ai le sens de ce que coûtent les choses. Et de comment... la dureté de ce qu'allait gagner mon père... C'est plutôt une richesse. C'est très beau pour la famille. Comme au foot, quand une personne met un but, l'équipe gagne