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Annie Girardot, à coeur ouvert


diffusion le jeudi 16 janvier 2020 à 0h05 sur France 3

– Nous allons chanter là pour les terriens et les anges. france.tv access
– Dalida, c'est une héroïne de cinéma, de roman, une héroïne dans la vie.
– J'ai surtout le souvenir de son sourire, tant il était éclatant, tant j'ai le souvenir du sombre dans le regard.
– Chaque fois que Dalida s'est emparée d'un style musical, elle en est devenue la reine.
– Elle disait souvent "J'ai réussi dans la vie, mais pas ma vie."
– Au fond, d'elle, elle était mère.
– C'est comme si elle avait couru toute sa vie à la hauteur de sa voix.
– Elle a choisi sa vie, sa carrière, et sa mort.
– Je ne suis pas étonné, qu'un jour, elle ait décidé, en toute liberté, du moment de sa mort.
– Le 3 mai 1987, à 54 ans, Dalida s'est suicidée. Juste avant de mourir, elle enferma son chien dans la cuisine, puis elle monta dans sa chambre et se démaquilla. Avant de revêtir un pyjama de satin blanc, elle brossa ses cheveux, puis griffonna ces quelques mots : "La vie m'est insupportable, pardonnez-moi". Elle s'installa sur son lit et, un verre d'alcool à la main, pour augmenter l'effet des médicaments, elle avala les cachets qu'elle avait préparés. Elle éteignit sa lampe de chevet. Cette fois, elle s'endormit sans laisser une lumière allumée. Enfin, elle n'avait plus peur de l'obscurité. Dalida imaginait-elle alors que ses chansons et sa vie devenue insupportable étaient si particulières que 30 ans plus tard, à la différence des chanteurs que leur mort précipite dans l'oubli, elle survivrait à sa propre disparition ? C'est ici, au Caire, à 4 600 km de Paris, que Dalida est née le 13janvier 1933. Accablée par la misère, l'Italie venait de traverser des années terribles et la famille de Dalida avait émigré en Egypte pour y trouver un nouvel Eldorado. Dans la famille Gigliotti, ils sont cinq. Pietro, le père, Giuseppina, la mère, et leurs 3 enfants : 2 fils, un grand et un petit, et une fille, Iolanda, la future Dalida.
– C'était une famille italienne, du Sud. Une famille italienne nourrie sous le soleil de l'Egypte, avant de connaître Paris, bien sûr. Mon père était premier violon à l'opéra du Caire, ma mère s'occupait de ses enfants. On a vécu dans une culture italienne parce que chacun, même né au Caire, gardait sa nationalité et sa culture.
– Vous vous pensiez comme déracinés ? On n'a jamais eu cette impression. Le Caire, c'était formidable, c'était un métissage de toutes les langues, toutes les confessions.
– Viens me parler du temps de mon père. Dans la maison où je suis née. où j'ai tant aimé. Mon Dieu, cette maison qui était blanche, comme elle est devenue... Il n'y avait pas de balcons là-haut. C'était la terrasse. En Egypte, j'ai passé toute mon enfance, le quartier où nous étions est un quartier populaire. C'était une petite rue avec peu de maisons et quand je suis retournée, j'étais très touchée de voir la transformation, tout a changé, même le pays lui-même, c'est pas pareil. quand Dalida revient au Caire, dans l'institution religieuse où elle avait été scolarisée, les enfants ignorent que c'est une survivante et ce, depuis sa naissance. Alors que Ioland