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Annie Girardot, à coeur ouvert


diffusion le jeudi 16 janvier 2020 à 0h05 sur France 3

– J'aurais aimé juste pour me dire : "Je suis là, je n'ai rien, "mais ça ne fait rien, je suis là avec eux". On m'a privée de ça. Ca, je ne l'ai pas pardonné. Ça ne se fait pas, me laisser seule, chialer, parce que j'ai chialé. C'est comme quand je pleurais quand ma mère était partie, qu'elle venait me voir à Saâcy-sur-Marne. Je pleurais, j'étais dans le noir, les gens allaient au cinéma, je me retrouvais à Saâcy-sur-Marne et je ne le savais pas. Eh bien, c'est pareil. Pourquoi on m'a fait mal comme ça ? J'essaie d'oublier. Si, j'ai oublié maintenant. Je n'en ai plus rien à cirer, et je suis polie.
– Avec "La pianiste", Annie Girardot a retrouvé le plaisir de jouer. Mais au moment où tout pourrait enfin repartir, une ombre plane au-dessus d'elle. Elle sent que les choses lui échappent. Et que son cerveau lui joue parfois des tours. La maladie d'Alzheimer est rentrée dans sa vie.
– Et un jour, elle nous avait avoué : "Si j'ai cette maladie, je me jette par la fenêtre."
– Et le jour où il a fallu l'accompagner et faire cette consultation "mémoire", là, on nous a dit que non. Que la maladie était là. On est en salle d'attente avec ma mère. Annie est dans le bureau du médecin. Et on entend Annie crier, voire insulter le médecin même. Ils lui ont annoncé la maladie. Sauf qu'il y a quelque chose qui fait, je pense, du moins, je l'espère, qu'elle ne l'a jamais entendu. J'ai 16 ans à ce moment-là. Mais à 16 ans, je me positionne en tant que "maman de ma grand-mère". Et je décide que c'est mon bébé et que je la protégerai. Et qu'on ne lui fera pas de mal. Et on forme un clan autour d'elle. On fait en sorte qu'elle continue à travailler, parce qu'on sait que le travail la maintient.
– En 2001, Annie Girardot décide de remonter sa pièce fétiche : "Mme Marguerite". Où elle interprète seule sur scène une institutrice qui s'adresse au public comme à ses élèves, pour leur apprendre la vie.
– Bonjour ! Cette pièce, je l'ai maintenant. Et à l'âge que j'ai, je reste avec "Mme Marguerite", et on n'en parle plus. De toute façon, rien ne me rend plus heureuse.