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Annie Girardot, à coeur ouvert


diffusion le jeudi 16 janvier 2020 à 0h05 sur France 3

– Elle se suicide. Qu'avez-vous pensé de ce fait divers ?
– Comprenne qui voudra ! Moi, mon remords, ce fut la victime raisonnable au regard d'enfant perdue, celle qui ressemble aux morts qui sont morts pour être aimés. C'est de l'Eluard. Merci, mesdames et messieurs.
– A sa façon, Georges Pompidou prit fait et cause pour Gabrielle Russier, et plaça l'amour au-dessus des lois. A la même époque, Charles Aznavour s'inspire de cette histoire tragique pour écrire l'une de ses plus belles chansons.
– Mourir d'aimer, de plein gré s'enfoncer dans la nuit, payer l'amour au prix de sa vie. Cohue des photographes.
– Maintenant, je ne dors plus. A chaque fois que je ferme les yeux, j'ai le cauchemar qui me reprend. Toujours le même. Un homme qu'on lynche. C'est moi. Je n'arrive pas à mourir.
– Elle devient le fer de lance d'une certaine féminité libre, audacieuse. Surtout qu'elle la défend, cette professeure, elle monte au créneau. Elle devient un personnage qui s'inscrit dans une lutte sociale pour la liberté des femmes et des moeurs.
– Est-ce que c'est le rôle le plus important de votre carrière ?
– Je ne sais pas, il n'y a pas de rôle plus important, il y a des personnages, comme ça, des personnages qui vous remplissent plus ou moins. Il y a des personnages amusants, j'ai fait des comédies, des drames. Là, ce personnage me plaît, parce qu'il est toute humilité, toute humanité, toute droiture, toute franchise, toute sensibilité, elle est nette, il n'y a pas de bavure. Et puis, elle est gaie. Beaucoup de jolies choses que j'aime dans un être.
– Avec "Mourir d'aimer", A. Girardot déclenche un phénomène de société. En acceptant ce rôle, elle avait pris le risque de déplaire à une partie de la France. Mais le succès du film est tel qu'elle semble avoir touché même les plus sceptiques. On lui fait des excuses, comme si elle était Gabrielle Russier. Annie Girardot rentre dans le coeur des Français. Pour elle, c'est aussi le début d'un nouveau genre de film, qui va devenir comme une marque de fabrique.
– Pour une fois, je me disais : "Voilà que je suis quelqu'un qui existe "et qui a quelque chose à défendre".