logo Le moteur de recherche de la télé

Débat


diffusion le mercredi 15 janvier 2020 à 0h20 sur France 2

– Vous avez rédigé "Hospitalité en France, "mobilisations intimes et politiques" avec le collectif Babels, édité chez Passager clandestin. bonsoir.
– Vous êtes une avocate spécialisée en droit des enfants, des migrants. Vous présidez l'AADJAM ?
– L'Association d'accès au droit des jeunes et d'accompagnement vers la majorité.
– Ces mineurs étrangers isolés sont-ils si nombreux que les départements ne peuvent les prendre en charge ? La protection de l'enfance relève de leur responsabilité.
– Ils sont plus nombreux au fur et à mesure que dans le monde, il y a des guerres, des famines, des changements climatiques... L'Aide sociale à l'enfance s'occupe en ce moment chaque année de 342 000 enfants en France, si je ne me trompe pas, en dehors de leur famille, en foyer... Il y a parmi ces 170 000 enfants entre 20 000 et 25 000 mineurs isolés étrangers. Ce n'est donc pas insupportable pour les départements français dans leur ensemble.
– Un mouvement étonnant s'est constitué autour de ces jeunes. Comment en arrive-t-on à ce qu'un citoyen se sente obligé, car cela lui est insupportable, de se substituer aux pouvoirs publics ?
– On est plus sur une contrainte. Ce sont des personnes qui voient, souvent en bas de chez eux à Paris, que ces jeunes ne sont pas reconnus comme mineurs par l'Aide sociale à l'enfance, qu'ils sont privés des dispositifs de protection et d'hébergement de l'ASE. Puisqu'ils n'ont pas non plus accès aux dispositifs d'urgence pour les majeurs, des personnes gentilles, comme le dit Agathe, se sont senties obligées de leur ouvrir leur foyer. C'est une contrainte, aujourd'hui. Ces jeunes ne sont pas pris en charge par les dispositifs qui devraient les prendre en charge.
– Ils ne sont ni mineurs ni majeurs, ni enfants ni pas enfants... Leur situation est complexe !
– On les appelle souvent "mijeurs". Ils ne sont pas reconnus par l'ASE, au moment où on les trouve dans la rue. Ils demandent protection à l'ASE sans pouvoir prouver leur minorité. Le juge des enfants est le seul recours possible pour prouver sa minorité, mais en attendant, on fait quoi ?