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Débat


diffusion le mercredi 15 janvier 2020 à 0h20 sur France 2

– Ouais. C'est un peu compliqué.
– Mais t'inquiète. C'est encore un mois à attendre. Touchons du bois ! Maud babille. Tu sais que tu peux compter sur nous. Y a des gens qui te soutiennent. Ça va aller.
– C'est juste intolérable. Donc... on vit cette colère un rapport plus particulier, dans le contexte de quelqu'un qu'on connaît, qu'on côtoie, qu'on héberge, qu'on essaye de protéger. ça met particulièrement en colère. Je ne dirais pas que c'est comme notre fils, c'est pas le cas, mais finalement on est protecteur, on est un peu... Bah oui, c'est un peu comme si on faisait mal à notre gamin, comme s'il y avait une injustice qui lui était faite.
– Je crois que ce qui pourrait me faire arrêter d'héberger, c'est un trop-plein d'émotions à vivre, qui sont quand même pas faciles. Je suis joyeuse quand ils sont là et je peux vivre des moments chouettes à jouer avec eux, et je suis triste pour eux. Et je m'inquiète de savoir combien de temps il va falloir faire ça avant que les politiques prennent des mesures pour les accueillir plus correctement. J'ai l'impression que ça n'arrivera jamais ! Allez, vous soufflez.
– On reprend de l'air.
– Jasmin ? D'accord. Ce que je commence à trouver difficile, c'est qu'il y en a beaucoup. Pas de prénoms en R ? Pas d'ancien mari?
– Adama, quand il est arrivé, j'avais l'impression que c'était "mon" jeune dont j'avais la garde. Et il est reparti. Après, y a Souleyman. Maintenant y a Check. Y a Abou. Tous ces jeunes, j'espère que ça va bien pour eux. Alors, au travail. J'ai l'impression d'avoir des petits points qui s'allument dans ma tête : comment va Adama ? Comment va Check ou Abou ? Et Souleyman ? Est-ce qu'ils s'en sortent bien ? Je ne sais pas jusqu'à quand je vais pouvoir multiplier ces petits points et penser à ces jeunes en m'inquiétant pour eux ! Ca, ça m'inquiète un peu. J'ai trouvé que c'était de plus en plus difficile de leur dire au revoir.
– Il y a l'autre volet qui est "c'est formidable ce que "vous faites. On va vous accompagner." Mais je ne veux pas être accompagnée par les institutions car elles le font pas et je n'ai pas envie de le faire sur un long terme comme un métier!