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La grande librairie


diffusion le mercredi 15 janvier 2020 à 20h50 sur France 5

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– Vous nous expliquez pourquoi. Mais on peut se dire en réalité que le livre est encore plus fort que la justice.
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– V.Springora: Ce ne sont pas les mêmes effets. Il est important que la justice existe et fasse son métier. Et qu'on puisse y avoir recours. J'ai raconté dans ce livre une époque à laquelle la police a été alertée des faits relatés. Elle n'a pas donné suite. J'étais par ailleurs entourée de gens qui n'avaient pas l'air de considérer que ce que je vivais relevait du pénal ou était délictueux. Si vous ajoutez à ça le fait que je me suis sentie piégée pendant longtemps par mon propre consentement, qui est donc le titre de cet ouvrage, ça ne me donnait pas beaucoup de cartes en main pour me tourner vers la justice.
La loi a beaucoup changé sur la prescription. A l'époque des faits, elle était de 10 ans pour les crimes sexuels. Elle est passée à 20 ans, puis 30. Il faut également rappeler, les experts invités nous le diront, qu'ily a un temps de maturation très long chez les victimes. Ça peut prendre beaucoup de temps et c'est bien pour ça que certaines personnes demandent l'imprescriptibilité des crimes Ce n'est pas à moi de juger s'il faut en passer par là, mais ça prouve bien que les experts, juristes ou psychiatres, disent que les traumatismes sexuels mettent des années et des années à arriverjusqu'à un niveau de conscience qui permette de parler et de prendre la parole.
– François Busnel : On reviendra sur le vocabulaire. Ce que je trouve important dans votre livre, c'est l'éloge des mots. 30 ans après les faits, vous avez eu le courage d'écrire ce livre. Que s'est-il passé pendant ces 30 années, même si vous l'avez déjà évoqué en filigrane? C'est le temps qu'il faut pour se reconstruire, pour trouver les mots?
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