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La grande librairie


diffusion le mercredi 15 janvier 2020 à 20h50 sur France 5

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– Certains mots sont des balles de fusil. D'autres sont certes capables de faire fondre la glace qui nous enserre le coeur. Il est même possible de les détacher, de les dépêcher comme des sauveteurs quand les vents sont contraires. Est-ce que c'est ce que vous avez fait?
– V.Springora: J'espère l'avoir J'espère que l'effet de ce livre sera durable, surtout.
C'est pour ça que les livres sont très importants, tout autant que les plaintes au niveau juridique. Les livres restent. Ce qui est important, c'est que dans 50 ans, on puisse lire ce livre et y trouver des réponses. Là, on parle d'une personne, mais c'est aussi un personnage universel qu'on peut retrouver sous d'autres formes en littérature.
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– François Busnel : C'est la 2e fois que vous l'appelez "personnage". Pour vous, c'est un modèle et pas seulement un cas isolé.
– V.Springora: Malheureusement non, ce n'est pas un cas isolé. Ce qui fait sa particularité, c'est d'être écrivain et d'exploiter dans ses livres ses agissements criminels. Il aurait pu être tout à fait autre chose. Prof de gym, coach sportif, philosophe, photographe... Peu importe. Des prédateurs, ily en a partout. Il faut le savoir.
– François Busnel : Ce qui me frappe dans votre livre, c'est que vous n'avezjamais été protégée par aucun adulte. Y compris des adultes dont on peut se dire qu'ils font profession de réfléchir sur la vie. Je pense à un grand philosophe: Cioran. La rencontre que vous dépeignez entre Cioran et la jeune fille de 15 ans est absolument terrifiante. Que vous dit-il quand vous frappez à sa porte?
– V.Springora: Je savais que c'était un très bon ami de Gabriel. Il me l'avait déjà présenté et on avait fait connaissance.
C'est quelqu'un sur qui je projetais une image de sage. Pour moi, le philosophe est le sage. Je suis allée vers lui dans un moment de grande détresse, après une 1re tentative de rupture. J'avais frôlé la tentative de suicide. J'avais failli me jeter par la fenêtre. J'étais allée frapper à sa porte quelques heures après pour lui demander conseil et de l'aide. La seule aide qu'il m'ait donnée, c'est de me demander de me sacrifier pour rester auprès de Gabriel Matzneff et l'aider à être le grand créateur qu'il était, l'accompagner sur le chemin de la création.
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