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La grande librairie


diffusion le mercredi 15 janvier 2020 à 20h50 sur France 5

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–  V.Springora: Le vocabulaire et les armes intellectuelles pour appeler les choses par leur nom et les remettre à leur place.
– François Busnel : Est-ce que tout le problème n'est pas là? Appeler les choses par leur nom.
– V.Springora: J'espère avoir réussi à mettre des mots sur des réalités qui étaient assez floues dans l'esprit de beaucoup de gens grâce à ce livre. C'est le coeur du travail littéraire, arriver à nommer les choses.
– François Busnel : Ily a aussi une chose à nommer, c'est le consentement. Quand on est amoureuse à 14 ans, on est persuadée d'être amoureuse. C'est du consentement ou il faudrait inventer un autre
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– V.Springora: Non. Cette notion doit être conservée, je pense à la notion de consentement. Mais il faut faire attention à ce qu'il ne se retourne pas contre les mineurs. Que ce mot ne puisse pas être utilisé comme une arme. C'est une notion à la fois intime et sociale. Il fauty mettre beaucoup de choses à l'intérieur. Ça met en jeu la notion de liberté, de choix, et pour choisir, il faut savoir dire non. Sait-on vraiment dire non à 14 ans? Il faut aussi être égaux. Quelqu'un qui a 14 ans et quelqu'un qui a 50 ans sont-ils dans une relation d'égalité? Je ne le pense pas. Cet homme avait un ascendant énorme sur moi, notamment du fait de sa notoriété et de son intelligence. C'est beaucoup de choses qui forment une asymétrie dans la relation. valable ni éclairé.
– François Busnel : Que s'est-il passé pour que vous compreniez que vous étiez victime? Un autre mot important que vous ne prononcez pas à 14 ans est "victime".
– V.Springora: Ça a pris énormément C'est une notion que j'ai pu élaborer avec beaucoup de travail sur moi, avec l'aide de psychanalystes.
– François Busnel : A 15 ou 16 ans, quand vous décidez de quitter Gabriel Matzneff, ce n'est pas encore le mot que vous utilisez?
– V.Springora: Non, etj'ai encore du mal à l'utiliser.
– François Busnel : Qu'est-ce qui vous gêne dans ce mot?
– V.Springora: Je n'ai pas envie de me sentir comme une victime.
– François Busnel : Etre une victime ne veut pas forcément dire se victimiser.
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