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La grande librairie


diffusion le mercredi 15 janvier 2020 à 20h50 sur France 5

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–  V.Springora: On revient à mon père. J'avais le sentiment d'avoir été abandonnée. J'ai fait cet amalgame inconsciemment. Il est lié au fait que cet homme m'ait mise à une place de femme et d'une certaine manière à la place de ma mère. Cet homme aurait dû être séduit par une femme de l'âge de ma mère et pas par sa fille.
Inconsciemment, il m'a fait prendre D'un point de vue psychanalytique, la confusion chez moi entre cet homme, qui n'était pas mon père, et mon père, était présente. Revivre une 2e fois un abandon, c'était compliqué pour moi. C'est pour ça que cette rupture que j'ai mise en oeuvre a été si douloureuse pour moi.
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– François Busnel : Je voudrais revenir pour corriger d'autres choses que vous avez pu lire dans la presse. Ce n'est pas Gabriel Matzneff qui vous quitte, mais plutôt le contraire. Bien sûr, et vous le racontez très bien, ce processus prend du temps et il faut apprendre à outrepasser sa peur et à oublier cette relation. Avant de venir à cette question, il faut peut-être arriver à ce paradoxe d'un amour et d'un consentement.
– V.Springora: Comme je l'ai écrit, ce sont les livres de cet homme qui m'ont finalement permis de comprendre qui il était: un prédateur sexuel avec des pulsions irrépressibles, systématiques. Une attirance irrépressible pour les adolescents et parfois les enfants. Il le raconte d'ailleurs dans son journal intime, des filles et des garçons. Je n'avais pas conscience de cette systématicité. J'avais l'impression de vivre une histoire unique, mais je n'avais pas l'impression qu'il était pris dans cette pulsion depuis toujours et qu'il en avait fait un fonds de commerce littéraire.
A partir du moment où je l'ai découvert par ses propres livres, j'ai commencé à lui demander des explications sur ce qu'il était et sur sa nature profonde. Ces conversations étaient impossibles. Nous n'avions d'abord pas des conversations d'égal à égal. J'avais 14-15 ans à ce moment-là etj'étais face à un homme de 50 ans qui était plus délié intellectuellement que moi.
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