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Passage des arts


diffusion le mercredi 15 janvier 2020 à 20h20 sur France 5

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– J'avais fait de la figuration. Les films en tant que figurante étaient des grosses machines, avec beaucoup de monde... Je me sentais vraiment sur un plateau de cinéma. Avec Pialat, c'était beaucoup plus intimiste. J'étais pas très impressionnée. Et mon insouciance m'a préservée. Non seulement du caractère de Pialat...
– Ça pouvait être difficile.
– Et comme j'étais innocente, naïve et inculte du parcours de Pialat, j'étais pas... Je lui faisais face, je lui tenais tête... C'est ce qu'il a aimé chez moi. Si je l'avais rencontré plus tard, j'aurais été impressionnée.
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– Vous avez fait 3 films avec lui. "Il m'a apporté du rêvé, des ailés, dé la sérénité."
– Il m'a donné confiance, il m'a regardée. Ce qui rejoint un peu... Dans une famille nombreuse, c'est difficile de faire partie d'un groupe. Vous n'êtes pas totalement regardé. C'est la masse qu'on regarde. Pialat m'a donné cette opportunité de me "créer une identité". Il a posé un regard sur moi et c'est ce qui m'a rendu sereine. J'ai pu faire un métier formidable, j'ai pu créer... J'ai le choix de dire oui ou non... J'ai pas de problèmes d'argent. Déjà, ça, ça a changé complètement mon parcours, mon destin. Il m'a tirée d'un milieu. J'ignore ce que j'aurais été sans lui. "Sous le soleil de Satan", Palme d'or à Cannes. Archive de 1987.
– Ça m'affecte toujours beaucoup quand on me charrie sur ma façon d'être avec les gens. Au contraire... Au moins quand on joue. c'est le principal pour nous. Je dis pas le reste du temps, mais quand on joue, je suis très proche des comédiens. Je suis avec eux, je les aime. Entre les prises et dans la vie, c'est beaucoup demander !
– C'est ce que vous résumiez.
– Oui, parce que c'était quelqu'un... C'était un écorché vif. Il s'en prenait aux autres, mais en fait, il avait une colère contre lui-même. Mais il avait des grands moments de tendresse. J'étais l'enfant qu'il n'avait pas encore à ce moment-là.
– Bien sûr. Qu'il mettra en scène dans "Le Garçon". Beaucoup de cinéastes vous ont fait travailler. Les plus exigeants. Rivette, Doillon, Chabrol...
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