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Passage des arts


diffusion le mercredi 15 janvier 2020 à 13h05 sur France 5

– Ça existe?
– Je connais très peu d'exemples. Je suis sûre
– Ça doit exister, oui.
– Avec un peu de désabusement.
– C'est un charme et une écriture que j'ai toujours admirés, qui viennent de toute l'histoire littéraire, dé la légèreté et dé la mélancolie, dé chez Mussét, de Benjamin Constant. C'était un grand honneur de la croiser. Je l'ai à peine connue à la fin de sa vie grâce à un ami commun, Gérald Nanty, qui avait organisé un dîner chez lui. Je me souviens que le fait qu'elle ait lu "L'Amour dure trois ans" m'avait...
– Bouleversé.
– Oui. A ce moment-là, je me suis dit que j'avais atteint quelque chose, un but, que tous les prix littéraires ne suffirontjamais à... Un manque que l'on n'arrive jamais à combler.
– Ily a eu quand même 2 prix littéraires. La période dont on parle, de liberté, de permissivité, sur laquelle on revient aujourd'hui, n'était-elle pas synonyme de dérapages, d'excès? On le voit avec l'exemple de Gabriel Matzneff qui a longtemps dans des émissions littéraires, que vous avez couronné du prix Interallié... Renaudot essai. Vous étiez dans le jury. C'était en 2013. Est-ce que c'est mieux aujourd'hui, ce retour à la morale?
– C'est une question très complexe. Evidemment, on n'a pas envie que la littérature devienne obligatoirement morale. Si les romans devaient dire le bien et combattre le mal, il faudrait arrêter, ce serait sinistre. Oscar Wilde, dans sa préface du "Portrait de Dorian Gray", dit: "Il n'y a pas de romans moraux ou immoraux mais que des livres biens ou mal écrits".
– Mais est-ce que c'était bien écrit, G.Matzneff?
– C'est un style très limpide, très clair, très classique, avec beaucoup d'érudition, beaucoup de citations, de l'Antiquité...
– Mais est-ce que le fait d'avouer, de dire explicitement qu'il y a des pratiques sexuelles avec des jeunes filles, des mineures, de dire que ce n'est pas de la fiction, que ce soit répréhensible moralement et pénalement...
– Là-dessus, on a tous été un peu trop légers. Sans doute un mélange de beaucoup de choses. Une attirance pour l'interdit, pour le scandale.