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Ça commence aujourd'hui, des nouvelles de nos invités


diffusion le mercredi 15 janvier 2020 à 10h30 sur France 2

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– J'ai su écrire avant les autres. Je n'avais aucun problème pour suivre à l'école. Là, d'un coup, je me suis demandé ce qui se passait. Les enfants ont fait des pas en arrière. Tout le monde était mal à l'aise. Il y avait mon petit frère avec moi. Tout était figé, à cause de moi. A partir de ce moment-là, j'ai commencé à me remémorer des situations qui s'étaient passées où il y avait eu des choses bizarres, maisje n'y avais pas prêté attention plus que ça. Là, je me suis dit: "En fait, c'est ça." J'ai commencé à faire attention aux nouvelles réactions des gens. C'était toujours moi qui faisais le premier pas. Il y avait des gens qui parlaient dans l'oreille du voisin.
– Félix Bollaert : Vous avez pris conscience du regard des autres sur votre différence. C'est cruel.
– Virginie: Oui. Ça a été compliqué. J'avais 8 ans. De 8 à 10 ans, c'est là qu'on prend conscience de soi par rapport aux autres. Je me suis demandé commentje devais me positionner
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– Félix Bollaert : Bien sûr.
– Virginie: Effectivement, la 6e, la 5e, la 4e, la 3e... Pas de petits copains. Mes amies en avaient, mais pas moi. Ensuite, ily a eu la projection dans la vie d'adulte. Je me demandais qui voudrait de moi. On construit le même diplôme, le même parcours... A un moment donné, une sélection se fait. Pourquoi on me choisirait? Je ne peux pas téléphoner, j'ai une voix bizarre, je ne peux pas avoir un rôle public, en contact avec des gens... Je me disais que je me retrouverais cachée dans un placard.
– Félix Bollaert : Ça vous posait des problèmes à l'école?
– Virginie:J'avais beaucoup de mal à me faire des amis. Ça a été le cas de la 3e à la terminale.
– Félix Bollaert : Vous avez déprimé?
– Virginie: En 3e, en 4e... J'ai fait une dépression. C'était ma première. Ça a duré 3 mois. Je me suis réveillée un matin etje pleurais.
Impossible de m'arrêter. J'ai passé ma journée à pleurer. Du matin au soir, du lundi au dimanche... Ça n'a pas interpellé mes parents plus que ça. J'allais à l'école en pleurant. Je passais ma journée avec les autres à pleurer. Personne n'avait l'air... Au bout de 3 mois, je suis partie en vacances chez mon papa.
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