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La maison des Maternelles


diffusion le mercredi 15 janvier 2020 à 9h20 sur France 5

– Stéphane, qui a perdu sa femme lors de l'attentat de Nice, évoquait aussi cette question. Vous leur parlez beaucoup de leur maman?
– C'est compliqué pour Noémie. Elle a vu des horreurs, elle a mis ça dans un livre, elle a mis le livre dans une bibliothèque et elle le rouvrira le jour où elle en sera capable. Son frère, c'est différent. Il arrive à poser des questions. Lorsqu'il travaille bien à l'école, quand il a une bonne note, la récompense ultime, c'est: "Maman serait fière de toi." Il s'illumine à ce moment-là.
– Agathe Lecaron : Vous parlez beaucoup de la maman de Melvil à Melvil. Vous avez peur de l'oublier?
– Antoine Leiris : Concrètement, je l'ai mis dans un livre etje l'ai rangé C'est ce que j'ai fait. Je m'appuie sur des instants, des musiques ou des lieux pour évoquer le souvenir de sa maman. Melvil, pour l'instant, il en est encore distant. Il n'a pas encore exactement saisi tout ce que revêtait la mort, en soi. Pour un adulte, c'est compliqué. Pour un enfant, ça l'est sûrement encore plus. Il n'y a pas de tabou chez nous. J'ai un pédopsychiatre qui m'a conseillé d'attendre que ses questions viennent.
– Agathe Lecaron : Sur les circonstances,
– Antoine Leiris : Oui. J'attends qu'il me demande. Pour l'instant, pour lui, ce serait incompréhensible. Ce serait peut-être incompréhensible Pour moi, le dire de façon accessible pour un enfant, ce serait compliqué. En tant qu'adulte, je ne sais même pas si on arrive à mettre des mots dessus. J'attends qu'il me pose des questions. Il est suivi etje vais laisser les choses venir.
– Agathe Lecaron : Merci d'être venu. Je rappelle votre livre. C'est un livre de papa. Je me suis retrouvée dans les questionnements que vous posez dans ce livre. Je voulais vous parler aussi d'un bouquin. "Quand la vie fait mal aux enfants", d'Hélène Romano. On parle aussi des séparations, des deuils... Merci 1000 fois.
– Bru Muller : Un appel à témoins...
– Agathe Lecaron : C'est l'heure de paterner.
– Bru Muller : Il faut se remettre de ce qu'on vient d'entendre.
– Agathe Lecaron : Il y avait beaucoup d'intelligence. On va se concentrer sur ce que vous allez dire.