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La maison des Maternelles


diffusion le mercredi 15 janvier 2020 à 9h20 sur France 5

– Complètement. On a une relation complètement fusionnelle. Dès que l'occasion se présente, le mercredi ou le samedi, ils viennent dormir avec moi. Le 1er soir, c'était pour leur donner du réconfort par rapport aux horreurs qu'ils avaient vécues. C'est en dormant ensemble, dans ce petit cocon, qu'ils arrivent à se sentir bien.
– Agathe Lecaron : Vous avez eu aussi besoin de vous enfermer dans un cocon avec Melvil?
– Antoine Leiris : Dormir avec lui, non. J'ai toujours pensé que le fait qu'il ait sa chambre à lui était important. J'ai toujours voulu mettre cette séparation, mais faire une bulle, oui. C'est le plus réconfortant et le plus difficile, quand on doit en sortir... C'est une bulle qui nous protège des autres, aussi. C'est le principe de la fusion. Ça laisse quelque part les autres au-dehors.
– Agathe Lecaron : C'était les regards des autres? Vous vouliez vous protéger?
– Antoine Leiris : Ce n'est même pas quelque chose de conscient. C'est cette sensation que quand on est ensemble, on est bien. On a besoin de retrouver ce bien-être. On a besoin de se sentir comme ça. Ensuite, la 2e étape, c'est le moment où il faut réussir à en sortir, reprendre confiance et retrouver cette bulle, mais à certains moments particuliers. Il faut réussir à en sortir, comprendre qu'on doit aussi repartir à la conquête du monde et vite.
– Agathe Lecaron : Vous vivez bien la séparation avec Melvil, aujourd'hui?
– Antoine Leiris : Même depuis le début, j'ai toujours bien vécu les séparations. Mon plus grand moment de joie avec lui, c'est quand je vois qu'il n'est pas enfermé dans ma vie à moi et qu'il a droit à sa vie à lui, qu'il a ses amis à lui. Ce sont les moments de joie les plus intenses. Je sais qu'on gardera toujours ce lien particulier, cette intimité, cette chose forte entre nous. On a une connexion qui va au-delà des mots. Je me dis aussi qu'il assume de partir par lui-même et pour lui-même et sans doute un jour contre moi et ce sera bien comme ça.
– Agathe Lecaron : Comment parler aux enfants de leur maman disparue brutalement? Je pense que c'est une question que vous vous êtes beaucoup posée.