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La maison des Maternelles


diffusion le mercredi 15 janvier 2020 à 9h20 sur France 5

– Antoine Leiris : C'est hyper précis, au milieu du canapé.
– Agathe Lecaron : Vous avez écrit un bouquin qui a bouleversé toute l'équipe. C'est "La vie, après". Vous avez perdu votre femme il y a bientôt 4 ans. Melvil avait 17 mois à l'époque. Quelques jours plus tard, vous avez publié sur Internet une lettre qui a marqué tout le monde "Vous n'aurez pas ma haine". C'est un livre à succès, une pièce de théâtre. 4 ans après ce drame, vous publiez ce nouvel ouvrage. Comment vous allez, aujourd'hui?
– Antoine Leiris : Ça va. Je peux vous faire la même réponse que tous les parents font: ça va. Il y a des moments très faciles, très joyeux, extraordinaires, et d'autres un peu plus difficiles.
– Agathe Lecaron : En préambule de votre récit, vous écrivez que pendant ces 4 années, vous avez appris à devenir père. Qu'est-ce que vous voulez dire Vous ne vous sentiez pas père avant?
– Antoine Leiris : J'ai appris à devenir un père différent du père que j'étais avant. J'ai appris à devenir un père seul avec un enfant. Ça change la nature de la paternité, la manière d'aborder les choses, la manière dont on peut partager et les difficultés et les joies de ce qu'est la paternité ou la maternité. J'ai dû réapprendre. Je suis devenu un père différent.
– Agathe Lecaron : Vous sentiez que vous deviez être la mère aussi?
– Antoine Leiris : Quand on se retrouve seul, avec un peu de lucidité, on se dit qu'on ne pourra pas tenir les 2 rôles. Je ne pourrai jamais remplacer sa mère. Je n'en ai ni l'intention ni l'ambition. Il faut remplir le vide par une paternité parfaite. Je me suis enfermé là-dedans. J'avais besoin de maintenir les équilibres de mon foyer. Pour faire ça, il fallait que tout soit tenu et en ordre, qu'on ne se laisse pas aller. J'ai eu un 1er moment où il fallait structurer les choses. J'ai eu une paternité crispée, peut-être. C'était très sur les règles, ce qu'il faut faire en temps et en heure.
– Agathe Lecaron : Ily a quelque chose de touchant dans votre livre. Vous dites que vous vous attribuiez un bulletin de notes. Il y avait des règles. Il y avait un point si vous arriviez à l'heure à l'école...