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Avec Franck Gastambide chez les Van Gujjar

Rendez-vous en terre inconnue


diffusion le mercredi 15 janvier 2020 à 1h40 sur France 5

– Aujourd'hui encore, tout le monde s'inspire de ce qu'il a fait. Je voulais dire que M.Ray est venu à Guéthary, ily a tourné un film...
– Guéthary est le pays natal de F.Beigbeder. Qui jouait dans ce film? Jacques Rigaut, qui est devenu...
– Le patron d'Arte.
– Non, ce n'est pas lui, c'est un autre. Jacques Rigaut a été le modèle du "Feu follet". C'est l'homme qui a inspiré Pierre Drieu la Rochelle pour écrire "Le Feu follet".
– C'est une transition toute trouvée pour cette oeuvre d'art que notre invité a choisie. C'est la tradition de ce magazine. Vous avez effectivement choisi ce livre de P.Drieu la Rochelle, 1931. Dont le héros n'est pas très loin de M.Ray. Pourquoi? Car c'est un auteur que vous avez particulièrement aimé?
– Pas tellement, c'est ce livre-là, "Le Feu follet", qui, je trouve, un chef-d'oeuvre écrit par un salaud. P.Drieu la Rochelle était un collaborateur, un sale type... Mais un écrivain brillant. C'est pour dire qu'ily a des gens qui font des sales choses dans leur vie et qui peuvent quand même bizarrement avoir du génie artistique. Ça nous pose cette question terrible, que fait-on? Doit-on publier que des saints ou doit-on lire aussi des salauds? "Le Feu follet", c'est une dérive d'un homme hédoniste et fêtard qui se retrouve complètement paumé, un ancien drogué, alcoolique qui se balade dans Paris. C'est un film extraordinaire de Louis Malle.
– On voit le visage mélancolique sur l'affiche. C'est toute la question de l'art. Est-ce que l'art doit être quelque chose d'optimiste ou de pessimiste?
– Il faut que ça nous parle et que ça nous émeuve.
– Exactement. Est-ce que la beauté n'est pas aussi attirée par le mal, l'interdit? On n'y peut rien.
– C'est le mot de la fin, Frédéric. Merci beaucoup d'être venu nous voir. L'homme qui pleure de rire, c'est votre nouveau livre, à la fois une charge un peu contre les médias mais aussi l'analyse de notre société qui n'est pas toujours réjouissante mais enfin, nous y sommes.
– Désolé.
– Merci. Emission à revoir cette nuit Et demain soir, pour un nouveau numéro de "Passage des arts", je reçois Sandrine Bonnaire.