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Passage des arts


diffusion le mercredi 15 janvier 2020 à 1h15 sur France 5

– Je pense que ce qui est amusant, de même que dans "99 Francs", c'est de faire un roman. Un vrai roman satirique, corrosif. Le paradoxe est d'arriver à faire une satire de la satire.
– Oui car vous critiquez le sarcasme qui organise "une dictature des impuissants" car toutes ces radios font venir des humoristes et entretiennent ce sarcasme qui mélange les faits réels et l'humour.
– Ce qu'on appelle l'infotainment, même. Le mélange d'informations sérieuses et de moqueries sur ces informations.
– Mais c'est ce que vous avez pratiqué aussi.
– Toute ma vie. Ce qui m'intéresse dans les livres, ce n'est pas de balancer sur les autres mais de me dénoncer moi-même. Pas forcement se dénoncer mais analyser ses propres dérives, problèmes. C'est à ça que sert la littérature. Je passe ma vie à faire ça. Je n'aime pas critiquer les autres tant que ça. C'est une autocritique, ce livre.
– Enfin, certains se reconnaîtront et liront avec délectation, ou un peu gênés, vos pages sur ces médias...
– C'est quand même bizarre que les gens dont le métier est de critiquer tout ne supportent pas de l'être un tout petit instant dans un roman. On va d'ailleurs vous écouter car vous étiez à la radio, sur France Inter.
– Ah oui. Alors, le billet d'humeur. C'est un boulot, c'est du boulot. Il faut avoir lu les journaux, trouver un angle original, dire des choses sur la politique ou la guerre en Syrie. Bonsoir, je suis F.Beigbeder et mon point de vue sur la guerre en Syrie? Tu aimes la vodka? Bon, on coupe la musique. Attendez, excusez-moi, pardon. Je vais me reprendre en main. Etre professionnel. On est au 7-9 de France Inter. C'est un endroit prestigieux, ily a des millions de gens qui nous écoutent etje suis en CDD.
– On a aperçu Patrick Cohen qui animait la matinale à ce moment-là. Ce ne sont pas de mauvais souvenirs pour vous?
– Pas du tout. Je trouve que la manière dont la presse se focalise là-dessus est un peu réductrice. J'ai fait un roman qui fait 320 pages, qui parle de beaucoup de choses et un tout petit peu de cette espèce de dictature du ricanement permanent. C'est vrai que depuis que je suis en âge de parler, je n'ai fait que blaguer tout le temps. Est-ce que ça m'a avancé à grand-chose? Est-ce qu'au fond, ce n'est pas aussi quelque chose d'immobile? C'est une question qu'on peut se poser. On a le droit d'en débattre. C'est bizarre qu'on ne puisse pas en débattre.
– Vous allez effectivement plus loin car vous analysez notre société dans une 2e partie de ce livr