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Débat


diffusion le mercredi 15 janvier 2020 à 0h30 sur France 2

– Ils refusent de les laisser ainsi. Mais ces gens ne sont pas formés pour cette mission, pour le suivi des jeunes.
– On voit qu'ils ne sont pas formés. Ils sont pleins de bons sentiments. Parfois, ça ne suffit pas. La durée d'hébergement, le temps des démarches, est long. Souvent, les personnes pensaient les héberger trois ou quatre nuits. Or, le jeune doit rester bien plus longtemps. Il va donc de logeur en logeur. Il y a derrière cette organisation la lourdeur de la coordination où on les voit appeler. Cette fonction est épuisante pour ceux qui ne sont pas formés à faire face à ces situations. Ces jeunes migrants ont eu des parcours douloureux, compliqués, parfois traumatisants. Certains ont besoin d'en parler, d'autres non. Il y a de l'épuisement, voire des burn out, chez ces militants, ces engagés, ces soutiens... Une question se pose : A terme, peut-on pallier les défaillances des institutions de cette manière ? Et cette solution, somme toute extraordinaire, est-elle tenable ?
– La réponse est dans votre question. Ce système, je pense, ne peut pas être viable pendant des années, non ? S'il y a des guerres, des famines, il y aura encore plus de migrants. Ça peut aussi avoir un effet délétère pour eux. On a diffusé ce film sur France 2. Les pouvoirs publics peuvent dire : "Y a des gens qui les accueillent."
– Nous remercions tous ces gens. Ce ne sont pas des familles agréées par l'Aide sociale à l'enfance. Ils sont dans la catégorie ni mineurs ni majeurs. Les hébergeurs, on est contents qu'ils soient là, mais on ne devrait pas avoir besoin d'eux. Il faut lancer des procédures d'accompagnement et rendre les recours effectifs. On peut saisir le juge des enfants, mais le droit à un recours effectif signifie que l'on peut saisir un tribunal en étant en mesure d'allerjusqu'à l'audience. Des jeunes disparaissent hélas avant leur audience devant le juge des enfants ou à la cour d'appel. Europol déplorait en 2016 la disparition de 10 000 mineurs non accompagnés en Europe. Ces mineurs avaient été identifiés, à un moment, puis ils ont disparu.