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Débat


diffusion le mercredi 15 janvier 2020 à 0h30 sur France 2

– Il y a parmi ces 170 000 enfants entre 20 000 et 25 000 mineurs isolés étrangers. Ce n'est donc pas insupportable pour les départements français dans leur ensemble.
– Un mouvement étonnant s'est constitué autour de ces jeunes. Comment en arrive-t-on à ce qu'un citoyen se sente obligé, car cela lui est insupportable, de se substituer aux pouvoirs publics ?
– On est plus sur une contrainte. Ce sont des personnes qui voient, souvent en bas de chez eux à Paris, que ces jeunes ne sont pas reconnus comme mineurs par l'Aide sociale à l'enfance, qu'ils sont privés des dispositifs de protection et d'hébergement de l'ASE. Puisqu'ils n'ont pas non plus accès aux dispositifs d'urgence pour les majeurs, des personnes gentilles, comme le dit Agathe, se sont senties obligées de leur ouvrir leur foyer. C'est une contrainte, aujourd'hui. Ces jeunes ne sont pas pris en charge par les dispositifs qui devraient les prendre en charge.
– Ils ne sont ni mineurs ni majeurs, ni enfants ni pas enfants... Leur situation est complexe !
– On les appelle souvent "mijeurs". Ils ne sont pas reconnus par l'ASE, au moment où on les trouve dans la rue. Ils demandent protection à l'ASE sans pouvoir prouver leur minorité. Le juge des enfants est le seul recours possible pour prouver sa minorité, mais en attendant, on fait quoi ? Les recours peuvent durer un mois, deux mois, trois mois... Sur des dossiers, on a réussi à établir la minorité en appel, après 18 à 24 mois de procédure. En attendant, il ne se passe rien ! La loi ne prévoit aucune prise en charge de ces "mijeurs".
– Le temps de la procédure, s'ils deviennent majeurs, ils sont expulsables ?
– Ils le sont, sauf si, entre-temps, nous les aidons pour régulariser... Avant 18 ans, on n'a pas besoin de papiers, mais on peut demander un titre de séjour, même si on n'a pas été placé à l'Aide sociale à l'enfance. Il est obligatoire dès 18 ans de lancer la procédure préfectorale pour obtenir un titre de séjour.
– Des citoyens dans le film ne supportent plus l'idée que des enfants, des jeunes, dorment dans la rue.