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C à vous


diffusion le mercredi 15 janvier 2020 à 0h00 sur France 5

– Pierre Cohen : Qu'est-ce qui passe, dans la tête du policier?
– D.Le Bars: Plein de choses. De la lâcheté, sans doute. On peut chercher toute la journée ce qui s'est passé. J'ai des contacts à Toulouse. Les policiers subissent énormément d'agressions. Ce geste efface... C'est peut-être de l'exaspération, de la bêtise, de la fatigue. Ce geste nuit à l'institution. Il ne faut pas mettre toute l'institution dans le même panier. Il ne faut pas stigmatiser l'ensemble de la profession. Toutefois, ily a des mauvais gestes. Le ministre doit se prononcer dessus.
– Diane Dufresne : Ce n'est pas une stigmatisation sur l'ensemble des policiers. C'est une stigmatisation sur l'abus de pouvoir, le sentiment d'impunité, le fait que l'IGPN ne fait pas son travail de contre-pouvoir. Vous le savez.
– A.-E.Lemoine: L'Inspection générale de la police nationale enquête sur les policiers.
– Diane Dufresne : Oui. Ce sont des policiers qui enquêtent sur d'autres policiers. Tout est dit. Dans les autres pays, la police des polices est plus indépendante. L'IGPN fait son travail sur les affaires administratives, mais beaucoup moins quand il s'agit de violences policières. Il ne faut pas se méprendre. Ce croche-pied, c'est un euphémisme. Ce n'est pas de ça qu'on parle. On parle de 25 personnes qui ont perdu un oeil pendant les "gilets jaunes", de 5 personnes qui ont perdu une main, de Z.Redouane, de Steve...
– Pierre Cohen : Lors de la Fête de la musique, à Nantes.
– Diane Dufresne : Oui. On en parle parce qu'ily a des images. Sans ces images, est-ce qu'on en parlerait? C'est de ça qu'il faut parler. C'est la réalité des pratiques policières. Depuis 48 heures, on voit des pratiques policières... Je ne dis pas que c'est tout le corps policier. Je dis que ce sont des pratiques qui ont lieu tous les jours. Effectivement, E.Macron ne peut plus tenir le discours qu'il tenait ily a encore un an. En mars 2019, il disait: "Vous ne pouvez pas parler de répression Ces mots sont inacceptables dans un Etat de droit." Aujourd'hui, on en parle.
– Pierre Cohen : C.Castaner continue d'en parler.
– Diane Dufresne : Peut-on parler de violences policières ou non?