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C dans l'air


diffusion le mardi 14 janvier 2020 à 17h45 sur France 5

– Ils profitent de cette zone frontalière poreuse où les armées nationales ont du mal à tenir le terrain. Ils attaquent à un endroit, ils bougent dans un autre endroit, et ainsi de suite. Quand ils font des attaques, ils récupèrent munitions, équipement, kérosène, voitures...
– César Roux : C'est pour ça qu'ils s'attaquent à des bases militaires? C'est pour déstabiliser les armées?
– Wassim Nasr : Oui, et aussi pour que les armées quittent les zones frontalières, pour qu'ils aient plus de liberté d'action. L'armée malienne n'est plus là-bas. F.Parly a fait une visite. On voulait mettre en avant la présence de l'Etat malien dans cette zone. Le but est d'ébranler les Etats et de récupérer du matériel, de l'armement, des munitions, des vivres. C'est la base de la base, pour conduire une guerre.
– Vincent Hugeux : L'un des griefs récurrents, par exemple entendu à Bamako, c'est: comment se fait-il que la 4e armée du monde soit incapable d'anéantir Ce ne sont pas des types à moto.undefined
Dans 2 des attaques les plus spectaculaires des semaines écoulées, on avait une estimation d'un demi-millier d'assaillants. Certes, l'équipement peut être rudimentaire, mais les stratèges militaires disent que c'est une opération com plexe. Ily a une combinaison de plusieurs intrants, des véhicules-suicide, des tirs de mortiers et un assaut à l'artillerie. C'est une capacité opérationnelle. On n'en est plus à courser des types à moto. Ily a eu 200 assaillants dans une autre attaque, côté malien. Ils avaient anéanti partiellement une caserne. C'est inédit et mouvant. En face de cette conflictualité, ily a les difficultés opérationnelles de Barkhane. Ily a un point intéressant. Quand vous grattez le vernis protocolaire, que disent les politiques et les militaires, en France? Ils disent que les armées nationales ne sont pas à la hauteur de la tâche. Elles paient quand même le plus lourd tribut humain à chaque fois. Je vais donner un exemple simple. J'ai vu un haut responsable de la diplomatie française, ce matin. On sait qu'on envoie au casse-pipe des gens qui restent 10 mois sur place, sans relève, qui sont sous-payés, pendant que les officiers restent planqués à l'arrière.