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La maison des Maternelles


diffusion le mardi 14 janvier 2020 à 9h20 sur France 5

– Bru Muller : Vous qui avez vu toutes les situations dans votre carrière, quel bénéfice il y a à ne pas savoir le sexe?
– Chantal Birman : Ce que j'ai dit tout à l'heure. Je dirais aussi quelque chose qui me semble évident, ce qu'elle a dit, que ça a protégé son bébé de ses propres projections et de celles des autres. C'est la 1re chose qu'un parent fait vis-à-vis d'un enfant, essayer de le protéger. Les possibilités qu'ont les mères sont abîmées par le savoir.
– Bru Muller : On peut se révéler mère ou père d'un petit garçon ou d'une petite fille.
– Chantal Birman : La place du rêve dans la grossesse est essentielle. On a 9 mois pour construire l'avenir dans sa tête. Construire l'avenir, c'est être du côté de la vie. C'est d'ailleurs le propre de la vieillesse, d'un seul coup, de parler de son passé.
– Bru Muller : Ily a des gens très jeunes qui parlent tout le temps du passé.
– Chantal Birman : Ils sont déjà vieux!
– Marie Perarnau : Question.
– Chantal Birman : C'est intéressant, mais ce n'est pas au même niveau. Ce qu'elle veut dire, probablement, c'est que ça l'a empêchée de choisir les fringues, de mettre du rose ou du bleu sur les murs... C'est une projection dans le présent immédiat. Ce dont on parlait, la question de Benjamin sur le rêve, c'est quelque chose qui est beaucoup plus flou et donc plus poétique. C'est la place de la poésie. C'est quoi, la poésie? C'est la place des poètes dans la vie, ce qu'ils disent avant, ceux qui prédisent avec leur sensibilité.
– Agathe Lecaron : Vous nous avez manqué! Laura et Jérémy ont choisi de ne pas connaître le sexe On les a suivis lors de la 2e échographie.
– Le gel, ça va être froid. C'est parti. On se rapproche du sexe. Vous allez fermer les yeux. Je continue à faire l'examen. Je vous explique ce que je vois et bien sûr, je ne ne vous dis rien au niveau du sexe.
– C'est trop excitant, je trouve, de fermer les yeux, de se dire que le docteur sait et pas nous.
– A peu près 10 % des patients ne souhaitent pas connaître le sexe. Pendant l'examen, on dit "il", mais c'est pour le bébé. Très souvent, ils pensent qu'on fait une gaffe.