logo Le moteur de recherche de la télé

La maison des Maternelles


diffusion le mardi 14 janvier 2020 à 9h20 sur France 5

– Je me suis intéressée à l'éducation non genrée, à la question d'identité. On a des amis autour de nous qui ont fait l'expérience. On attend d'une part la nouvelle de la naissance et après, on demande ce que c'est. J'avais trouvé ça très rigolo chez les autres.
– Agathe Lecaron : Vous aviez d'autres motivations?
– Hélène: Ily a une idée que je trouve très belle, tant qu'on ne connaît pas le sexe de son bébé, il a devant lui une sorte d'éventail de tous les possibles. Une fois qu'on connaît son sexe, la moitié de cet éventail s'effondre. J'aimais bien l'idée de pouvoir tout imaginer pendant la grossesse et de pouvoir le protéger des projections, les miennes et celles des autres. Ça met une pression folle sur ce bébé qui n'a rien demandé. Dans mon entourage, ce n'est pas ça, heureusement...
– Bru Muller : Le papa était du même avis que vous?
– Hélène: Au début, il se demandait un peu ce qui me passait par la tête. Quand je suis tombée enceinte, j'ai maintenu cette envie. Je pense qu'il était persuadé que je ne tiendrais pas. Même les gens autour de moi en étaient persuadés. Ce n'est pas dans mon tempérament de garder une surprise aussi longtemps. Il s'y est plié.
– Agathe Lecaron : Ce que femme veut...
– Marie Perarnau : Question.
– Chantal Birman : Dans ma pratique, j'ai bien sûr tout vu. J'ai eu des couples avec l'un qui savait et pas l'autre. En général, l'échographiste donne le sexe à celui qui demande dans une enveloppe fermée. Après, ça provoque un déséquilibre, qui se rajoute au déséquilibre de la grossesse. Après, ily a un jeu dans le couple et celui qui ne sait pas. Je trouve que l'attitude de votre compagnon était la bonne. Que les 2 ne sachent pas, c'est bien.
– Agathe Lecaron : Qu'est-ce que ça a changé, de ne pas savoir?
– Hélène: Ça ouvre l'imaginaire sur plein de choses. Au début, je pensais que ce serait une fille, parce que j'avais déjà eu un garçon. Après, je me disais pourquoi pas un 2e garçon. Ça aide à faire la paix avec les 2 scénarios. L'imagination allait dans tous les sens. J'aimais bien imaginer Anatole grand frère, avec une petite soeur ou un petit frère.