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C dans l'air


diffusion le mardi 14 janvier 2020 à 4h55 sur France 5

– César Roux : Ils défendent un régime spécial?
– Bénédicte Mathieu : Ils défendent un certain nombre de choses. Historiquement, on sait que les blocages de port, ça peut durer très longtemps. Dans un monde où ily a une compétition très forte, on peut vite perdre des positions.
– Roland Cayrol : Je suis d'accord. Outre ce qui vient d'être dit justement, ily a le fait que c'est un luxe de faire grève. On peut se le permettre plus facilement si on a un statut. Dans le privé, le risque à faire grève est plus important. Ensuite, il y a l'état d'esprit. Les gens du public des secteurs concernés pouvaient comprendre l'idée qu'on se batte franchement pour le retrait du projet. Dans le privé, il y avait plutôt une méconnaissance de ce qu'était vraiment la loi. "Est-ce que ça va me concerner?" On en est toujours là. On en sera là au moins jusqu'au vote de la loi. On n'est pas sortis de l'auberge. Il y avait cette idée qu'on serait des victimes du système... Certains cadres étaient fortement pour le régime à points. Ils déchantent. Dans l'ensemble des catégories des travailleurs du privé, les gens ne savaient pas si c'était si mauvais que ça.
– César Roux : Ils ontjusqu'à avril pour rendre leur copie. Les syndicats réformistes ont eu la peau de l'âge pivot. Ils doivent penser à d'autres moyens de financement. Les conditions posées par E.Philippe sont claires: pas d'augmentation des cotisations, pas de baisse des pensions. Il va falloir de l'imagination.
– Dans quelques semaines, ce ne sera plus seulement dans la rue, mais aussi à l'Assemblée nationale que se jouera la bataille des retraites. Un drôle d'exercice pour les parlementaires, qui devront débattre d'un texte sans en connaître l'un des points-clés: son financement. C'est inadmissible, pour l'opposition.
– E.Woerth: On ne peut pas discuter de ces avancées sans savoir comment elles seront financées. Les partenaires sociaux vont discuter dans une énième conférence des modalités des financements. Ils parlent d'un "cocktail Ça fait peur. Un cocktail explosif. De l'autre côté, les parlementaires vont discuter des mesures à l'aveugle avec un bandeau devant les yeux.