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Urgences psychiatriques de Lyon : voyage au coeur de la folie

Enquête exclusive


diffusion le lundi 13 janvier 2020 à 0h25 sur M6

– Parmi eux, un visage bien connu des médias : le docteur de Charlie Hebdo et l'une des figures du syndicalisme hospitalier, Patrick Pelloux. Bonjour, comment ça va ?
– Ça va. Impeccable.
– C'est surprenant, de vous trouver ici.
– Non,j'ai un métier!
– Oui, bien sûr, médecin urgentiste. Je suis au SAMU de Paris. Donc, on est de temps en temps dans les ambulances du SMUR et, de temps en temps, ici, pour réguler. Ce qui est le métier très difficile et très compliqué.
– Pourquoi ?
– Parce qu'on ne voit pas les gens. C'est sur les symptômes, sur les indications qu'ils portent, qu'ils ont bien envie de vous porter.
– C'est aussi un travail de psychologue ?
– Oui. C'est un travail très dur. A mon avis, la partie la plus difficile, ce sont les urgences intrahospitalières, puis les régulateurs, puis le SMUR.
– Les services d'urgence sont en grève et manifestent depuis plusieurs mois. Vous avez le sentiment d'être entendus ?
– Mon sentiment, c'est qu'on a laissé, aller le service public vers de plus en plus d'économie, de plus en plus drastiques, et en fait, on s'est trompé. Et en fait, il faut rattraper, notamment sur les salaires des personnels. Ils ont trop de retard. Les infirmières sont à la 26e place des pays de l'OCDE sur les rémunérations. Ily a un problème d'accès aux soins, un problème sur les EHPAD. C'est vraiment un sujet complètement politique, et de débloquer beaucoup d'argent, pour remettre le système à flot et que ça fonctionne.
– Est-ce que le tort n'a pas été de trop miser sur le système de santé publique et pas assez sur la médecine de ville ?
– On n'a pas assez fait travailler ensemble et en coopération les systèmes, on les a joués en concurrence. Ça a été une erreur.
– Quand le téléphone sonne, les premiers sur la ligne de front sont les ARM, les assistants de régulation médicale. En quelques secondes, ils doivent caractériser l'urgence, avant de prévenir un médecin ou d'envoyer une équipe.
– Le SAMU de Paris, bonjour.
– Comme Emeline, en poste ici depuis 10 ans.
– Actuellement, là, vous avez toujours cette douleur ? Dans le dos ?