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Urgences psychiatriques de Lyon : voyage au coeur de la folie

Enquête exclusive


diffusion le lundi 13 janvier 2020 à 0h25 sur M6

– Ça le terrorise pas ! Ça vous va ?
– Je le disais y a deux minutes, dis donc !
– Nicolas va passer une semaine dans un hôpital psychiatrique. Aujourd'hui, il se reconstruit peu à peu. Une bonne nouvelle et une victoire de plus pour l'infirmier.
– J'aime pas les savoir malades. C'est mon moyen défensif de m'en sortir. Je sais reconnaître la maladie, mais des fois, on n'a pas envie qu'ils soient malades.
– Perte d'emploi, divorce, précarité... Avec la crise et les difficultés économiques, ces accidents de la vie n'ontjamais été aussi nombreux. Aujourd'hui, consulter aux urgences psychiatriques pour ses troubles psychiques n'est plus un tabou. Dans les établissements, la demande de soins explose et les services d'urgence sont en surchauffe. Ce soir, au Vinatier, Jérôme va, une fois de plus, vivre une nuit sous haute tension.
– Disons que je cours un petit peu. J'aime bien, je suis fait pour les urgences.
– Il est un peu plus de 20h. Des patients agités viennent d'être amenés par les pompiers. Avec ses collègues, l'infirmier doit les contenir dans les trois chambres d'isolement du lieu, mais cette fois encore, il n'y a pas assez de place pour tout le monde.
– En catastrophe, Jérôme doit improviser et aménager à Contrecoeur une chambre simple au fond d'un couloir. Cela peut paraître anodin, mais les répercussions pour le patient sont énormes.
– Donc, les patients sont attachés. Ils devraient normalement pouvoir nous appeler s'ils ont un problème, mais comme c'est une chambre simple, y a pas de sonnette au lit. Elle est ici. Sauf que si on est attaché, ça va pas. C'est terrible et tellement traumatique pour les patients. Tous les matins, ils sont dans leur urine et ils s'excusent. Ils sont vraiment profondément honteux et ils pensent que c'est de leur faute. Non, c'est vraiment dur.
– Plus que le bien-être du patient, ce qui révolte Jérôme, c'est la sécurité. En chambre d'isolement, les meubles sont scellés, ce qui n'est pas le cas ici. Un risque considérable pour les malades en crise suicidaire, qui ne manquent pas d'imagination.