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Urgences psychiatriques de Lyon : voyage au coeur de la folie

Enquête exclusive


diffusion le lundi 13 janvier 2020 à 0h25 sur M6

– Il taper dans les meubles avec ses poings, il reste reclus, il entend des voix, celle de son père, de temps en temps, il se prend pour son père ce qui lui est arrivé en boucle, qui est très probablement une production délirante et pas quelque chose qui est arrivé à la base. Ça fait beaucoup, la maladie se décompense.
– Vous êtes bien installé ?
– Contre son gré, le jeune homme va être interné dans un établissement situé à quelques kilomètres. Ily restera plusieurs semaines. Dans le bureau d'à côté, sa mère doit donner son accord par écrit, à contrecoeur. Mais c'est la seule solution pour sauver son fils.
– C'est vrai que c'est toujours... avec une... Voilà, quoi, c'est prenant. C'est dur, c'est difficile, mais il faut le faire. Je me souviens qu'il me disait: "Maman, enlève-moi ça de ma tête." Et moi, j'étais là, je lui disais : "Mais mon grand..." Et c'est ça, cette impuissance face à ça, et quand votre fils vous réclame de l'aider, et oui, on veut l'aider, mais voilà...
– Là, en cautionnant l'hospitalisation, vous l'aidez.
– Je sais qu'il va m'en vouloir,
– C'est un temps. Même si, pendant des années, il ne veut plus me voir, c'est pas grave.
– Face au chagrin des proches de Benjamin, difficile de rester insensible. Mais comme tous ses collègues, Juliette a appris à prendre du recul.
– C'est dur, parce que c'est des moments horribles pour ces familles à qui on dit... "Là, ce soir, il n'est plus capable de prendre de décision. C'est les médecins qui prennent la décision et en plus, on leur demande de dire oui à quelque chose qu'ils comprennent pas forcément, dont ils ont pas l'habitude. Je vais dire quelque chose d'horrible, mais ça dure de 19h à 7h et à 7h du matin, le travail est fini et du coup, je ramène pas tout ça à la maison, sinon ça ferait pas plusieurs années que je fais ce travail, j'aurais pas tenu.
– Rares sont les infirmiers qui dédient leur carrière aux urgences psychiatriques. En moyenne, ils n'y passent que deux ans. Car dans ce service pas comme les autres, ils doivent faire aussi face à la violence de certains patients.