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C à vous


diffusion le jeudi 9 janvier 2020 à 19h00 sur France 5

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–  B.Rougier: Certains vont jusqu'à menacer de livrer les noms de mes étudiants, qui sont tous musulmans. Je les vois comme des universitaires français. Ils ne se reconnaissent pas dans une version idéologisée de leur religion. Ce mot "islamophobie" sert à intimider les étudiants. Je suis inquiet pour eux. Je supporte assez mal cela. Prendre les insultes, ça fait partie du jeu, mais je réfléchis à des voies légales pour empêcher qu'ils soient livrés en pâture à des vengeances de quartier par certains collègues qui se réclament de la défense de l'islam, mais qui défendent l'islamisme.
– Pierre Cohen : Des autorités publiques vous soutiennent dans vos travaux?
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– Bettina Rougier : Elles le disent. J'essaie de dresser le diagnostic le plus fidèle possible. C'est le résultat de 3 ou 4 ans de terrain. On évite l'amalgame. On travaille sur des acteurs minoritaires. On montre la façon dont ils veulent prendre le pouvoir sur nos compatriotes musulmans.
– A.-E.Lemoine: C'est inquiet et stressé que vous évoquez le résultat de cette enquête.
– Bettina Rougier : Oui. J'ai travaillé sur les lieux de djihadisme dans les camps palestiniens du Liban, en Egypte pendant la révolution. Je ne crois pas qu'il y ait de terrains aussi durs que le terrain français. C'est beaucoup plus difficile qu'au Moyen-Orient. On essaie de montrer comment cela fonctionne, mais c'est très difficile de produire de la connaissance dans la société française d'aujourd'hui.
– A.-E.Lemoine: Vous parlez de territoires conquis de l'islamisme. C'est irréversible?
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