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Télématin (suite)


diffusion le jeudi 9 janvier 2020 à 7h10 sur France 2

– Vous avez été victime de cet affrontement entre C.Ghosn et E.Macron?
– Michel Sapin : C.Ghosn n'a pas voulu appliquer une loi française appliquée par les autres entreprises françaises. La loi prévoyait la possibilité de faire voter par son assemblée générale une exonération du fait que des actionnaires stables, comme l'Etat, avaient plus de pouvoir que d'autres. Sur le fond, ça me choque, mais il y avait de l'argumentation derrière. Ça a certainement créé de l'incompréhension avec le Japon. L' Etat japonais était très peu représenté, et l'Etat français, à 14 %, Ça a été la volonté d'E.Macron.
– César Roux : Et vous l'avez laissé faire.
– Michel Sapin : Après les discussions, il y a un arbitrage.
– César Roux : Pour C.Ghosn, un ministre, c'est important?
– Michel Sapin : Ça ne vaut rien, pour lui. Quand on est dédaigneux vis-à-vis des institutions.
– César Roux : Est-ce qu'on est dans une impasse, ce matin? 36e jour de grève. On a parlé d'une conférence de financement. On a eu le sentiment que la CFDT recommençait à dialoguer avec le gouvernement, et finalement, les choses ne bougent pas. Dans quelle situation sommes-nous? Est-ce que le gouvernement sait où il va?
– Michel Sapin : Si tout cela était fait par calcul, je me dirais que le gouvernement sait où il veut aller. Mais j'ai le sentiment que ce n'est pas du calcul. C'est plutôt de l'improvisation, parfois de la contradiction. Il y a beaucoup d'erreurs de communication. Annoncerjuste avant les fêtes une réforme qui était sur la table et y introduire un point, l'histoire de l'âge pivot, dont on sait qu'il va faire l'unanimité des organisations syndicales, c'est une sorte de déclaration de guerre. Ensuite, accepter un peu de discuter, mais pas complètement, ne pas accepter de retirer le texte... Je souhaite qu'on sorte de cette situation. C'est incompréhensible pour les Français.
– César Roux : Est-ce qu'on peut faire abstraction de la nécessité de mettre les comptes à l'équilibre?
– Michel Sapin : La grande erreur du gouvernement et du président de la République, c'est d'avoir mélangé 2 débats, qui sont légitimes.