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Family business : pour le meilleur et pour le pire !

Ça commence aujourd'hui


diffusion le jeudi 9 janvier 2020 à 1h15 sur France 2

– Allez-y, cri du coeur.
– Rosa: En Italie, après la guerre, on était toujours tous ensemble. Ça restait comme ça, surtout en Calabre. Au nord, ce n'est pas pareil.
– Félix Bollaert : A quel moment vous êtes arrivée en France?
– Rosa: En 58. J'avais 18 ans.
– Félix Bollaert : Vous avez rencontré votre mari où?
– Rosa: J'étais déjà mariée.
– Bruno: Elle s'est mariée à 16 ans.
– Félix Bollaert : Avec votre papa.
– Bruno: Feu mon père est arrivé en 56 en France. Il est resté un peu puis est reparti. Il est revenu avec maman.
– Félix Bollaert : Il s'appelait comment?
– Bruno: Antonino.
– Félix Bollaert : Qu'est-ce qu'il faisait, comme métier?
– Bruno: Il était maçon.
– Félix Bollaert : Donc rien à voir.
– Bruno: Non. Aucun rapport. Il est venu, il a travaillé dans des sociétés alsaciennes qui ont reconstruit autour... L'Alsace a été bombardée pendant la guerre. En 56, ça faisait 11 ans que la guerre était finie. Il a travaillé en maçonnerie, dans différentes sociétés. Il a construit une maison dans notre petit village.
– Félix Bollaert : Le sens de la famille, c'est de lui?
– Bruno: Oui, il avait ce sens du partage. On avait toujours du monde à la maison. Ma maman et mon papa ont accueilli leurs frères... Chaque frère qui est venu plus tard, dans les années 60, a atterri chez nous. On a toujours eu cet effluve de famille, d'ondes et de tantes... On n'a jamais connu un Noël où il n'y avait pas 25 ou 30 personnes.
– Félix Bollaert : C'est la mamma qui faisait à manger?
– Bruno: C'est toujours la mamma qui fait à manger quand elle reçoit, que ce soit à Noël ou pour d'autres fêtes.
– Félix Bollaert : Ce sont des beaux souvenirs? Vous parliez de ce partage. On l'a appris grâce à ça, grâce à cette union de personnes immigrées. Quand elles ont atterri, il y avait toujours un pied d'attache au niveau de la famille.
– Félix Bollaert : Un point d'ancrage.
– Bruno: Voilà.
– Rosa: Après la guerre, si on faisait le pain ou un cochon, tous les voisins venaient le manger. Teljour, c'est moi qui faisais le pain et je te donnais à toi. La semaine d'après, c'était un autre. On était toujours ensemble.
– Félix Bollaert : C'est vous qui avez appris à cuisiner à vos enfants?