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C dans l'air


diffusion le jeudi 9 janvier 2020 à 17h45 sur France 5

–  P.Martin-Genier: C'est ce qu'a dit la Commission européenne. Les Britanniques ont décidé de partir. Mais on leur dit qu'il faudra qu'ils soient d'accord sur les normes environnementales, les normes de protection des travailleurs, la libre circulation, s'ils veulent avoir accès au marché unique. Ça pose un problème politico-britannique. Quand vous décidez de divorcer, ce n'est pas nécessairement pour reprendre le même modèle que de l'autre côté de la Manche.
– César Roux : Le rapport de force s'est inversé entre BJohnson et les Européens? On a fait des émissions. On a dit que, tant qu'il n'était pas en situation, lui ou T.May, de proposer un texte voté par le Parlement britannique, les discussions étaient impossibles. Là, il arrive avec une majorité forte, un texte voté par le Parlement. Ça met les Européens dans une situation différente?
– A.-E.Moutet: Politiquement, ily a une grande différence. Mais l'essentiel du travail de la Commission n'est pas fait par le conseil. Je parle du travail du Brexit. Il est fait par une administration qui a des pouvoirs politiques. Le Conseil des chefs d'Etat et de gouvernement ne touche pas vraiment à la façon dont ça marche. Il y a malgré tout une grosse entité politique européenne, la bureaucratie bruxelloise, avec un brief donné à M.Barnier... Ce qui m'amuse beaucoup, c'est que dans ses éléments de langage, tout est emprunté au vocabulaire anglais.
– César Roux : Ça veut dire quoi?
– A.-E.Moutet: Ce sont des notions britanniques de justice. Ily a une inversion du vocabulaire assez étrange. U.von der Leyen était un peu robotique lors de sa première visite à Londres. BJohnson a-t-il plus de pouvoir?
– César Roux : Pour imposer son calendrier?
– A.-E.Moutet: Il n'a pas tort. On ne peut pas tout conclure en 11 mois, mais si on dit qu'il faut une plus longue durée de négociations, on va se perdre dans toutes les discussions, les études d'impact, toutes ces discussions que la Commission est parfaitement capable Ily a des gens là-bas qui ne font que ça. L'idée, c'est de dire qu'il y a une date butoir.