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Passage des arts


diffusion le mercredi 8 janvier 2020 à 1h15 sur France 5

– Je suis très définitive, dans mes propos. C'est incroyable.
– En tout cas, affirmée. Peut-être pas de confiance en vous, je ne sais pas mais en tout cas...
– C'est drôle de se voir comme ça.
– C'est le retour sur les années antérieures. Au fond, vous passez très peu de temps à Casablanca. Vous naissez au Maroc mais vous n'y passez pas très longtemps.
– J'y passe 5 ans.
– Après, ily a une transplantation?
– Direct en France, horrible. J'étais libre, à Casa. Petite fille, je passais mon temps à me balader partout. On m'avait acheté un petit fauteuil en rotin, je me promenais partout avec mon fauteuil etje parlais à tout le monde. Quand je suis arrivée en France, je ne pouvais plus faire ça.
– C'est avec votre mère principalement que vous vivez, institutrice. C'est donc elle qui vous apprend à lire, à écrire et à aimer les livres.
– Elle m'a appris à écrire, j'étais toute petite, et à lire. j'ai compensé le manque de soleil par les livres. Tout ce qu'on m'avait retiré en m'éloignant de Casa, la mer, les bruits dans les souks, les cris des femmes... Les peaux orange des fatmas, je me souviens tellement bien. Je les retrouvais dans les livres.
– Vous dites: "Le soir, je me racontais des histoires pour m'endormir et me consoler".
– Oui. J'étais très triste quand je suis rentrée en France. En plus, on a tourné très longtemps, on ne trouvait pas de maison. Ily avait un côté un peu sans famille.
– Mais déjà, l'imagination marche.
– C'est comme ça que l'imagination se développe.
– Elle est en vous. Il y a cette capacité à inventer des histoires, déjà.
– Je crois. Même encore aujourd'hui, je n'aime pas raconter 2 fois la même histoire. Je change toujours un peu en arrivant au même résultat. Ça m'ennuie, si je raconte toujours la même chose.
– C'est ce qui tient en haleine vos lecteurs. Le monde, vous le regardez, on l'a vu, vous êtes journaliste, vous avez fait de grandes interviews. Vous voyagez beaucoup. Où puisez-vous vos idées de récits?
– Je crois que je passe mon temps à écouter et à regarder. Je suis une éponge. Vous me mettez dans un milieu, je peux faire une histoire tout de suite sur ce milieu.