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Messe


diffusion le dimanche 14 juillet 2019 à 6h00 sur France 2

– Voilà une question qui peut nous sembler banale. Or, c'est la nouveauté révolutionnaire de l'Evangile que de mettre sur le même plan le commandement de l'amour de Dieu et celui de l'amour du prochain. On ne sert pas Dieu dans le temple si on ne le sert pas également dans le quotidien de la vie. Et le zèle pour le premier commandement, l'amour de Dieu, ne garantit nullement de vivre le second commandement de l'amour du prochain. A bien des égards, le prêtre et le lévite sont ici esclaves de la loi. Nous avons toujours le danger d'idolâtrer les actes de religion, en perdant de vue ce qu'ils signifient en vérité. Ce n'est jamais le culte pour le culte. C'est l'accueil de la présence du Seigneur venant transformer mon coeur, de la manière la plus profonde. Il s'agit de passer des "actes pour Dieu"aux "actes de Dieu". Ce samaritain, c'est le symbole même de l'hérétique et de l'ennemi, et c'est lui qui se révèle libre pour aimer.undefined
La persuasion de posséder la vérité durcit fréquemment les coeurs. Qu'il est grand, le danger de s'estimer propriétaire d'une vérité religieuse, propriétaire de la loi et propriétaire de la morale. Qu'elle est redoutable, la loi qui nous conduit à regarder les autres avec un regard de jugement et de condamnation. Qu'il est magnifique, cet Evangile, qui nous invite, d'abord et avant tout, à entrer dans le regard du Christ sur chacun de ceux qui nous sont donnés pour frères. Il s'agit de se pencher vers l'autre pour le mettre debout. "Qui est mon prochain?" Nous sommes ici au coeur de cette parabole avec la question que relance l'interlocuteur de Jésus. On aimerait spontanément avoir des catégories juridiques précises, parce qu'on ne peut quand même pas aimer tout le monde. La conversion chrétienne n'est pas de s'interroger sur une catégorie légale, mais de passer du passif à l'actif. De passer de: "Qui est mon prochain?" à "Quelle est ma capacité à faire de l'autre mon prochain?" Le prochain n'est pas subi, mais voulu. Lorsque nous arrivons à ce point de l'homélie, nous nous disons peut-être: "Voilà encore une leçon de morale.