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Dalida, la femme qui rêvait d'une autre scène


diffusion le vendredi 12 juillet 2019 à 21h05 sur France 3

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– Mais tu es trop jeune encore pourjouer les amoureux.
– Lucien Morisse a décidé de passer "Bambino" 7, 8, 10 fois parjour. Donc, personne ne pouvait louper d'écouter Dalida, au moins une fois parjour.
– Et canta canta de ta voix câline, mon petit bambino.
– On a inventé le matraquage pour Dalida, et une nouvelle industrie s'est mise en route.
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– Avec tes cheveux si blonds, tu as l'air d'un chérubin. Va plutôt jouer au ballon.
– Comme font tous les gamins.
– "Maman, j'ai réussi, on m'entend à la radio !", écrit Dalida dans une lettre. Pendant un an, "Bambino" caracole dans le hit-parade, et Dalida est la première femme à recevoir un disque d'or. On achète aussi le 45 tours juste pour sa photo sur la pochette. Et pour la presse, Dalida devient à la chanson ce que Brigitte Bardot est au cinéma : l'incarnation de la féminité. C'est à cette époque-là que vous la rencontrez.
– Je me souviens parfaitement de la première fois où nous nous sommes rencontrées toutes les deux. Je me souviens même de la date, c'était en 1956 et Lucien Morisse nous appelle dans son bureau. Il y avait une superbe jeune femme, énormément de cheveux, et j'ai surtout le souvenir de son sourire, tant ça, c'était éclatant, tant j'ai le souvenir du sombre dans le regard, parce qu'il y avait trop de maquillage, une ligne en haut et en bas de khôl et son regard était assombri. Elle était belle. Une taille... Belle femme.
– Eclatante et sombre. Dès 1956, cette contradiction dans les termes définissait Dalida.
– Gondolier...
– "Bambino" avait fait d'elle une vedette, "Gondolier" allait en faire une star, mais elle restait travaillée par quelque chose de douloureux.
– Sur ta gondole, tu chantais... La barcarolle.
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