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Dalida, la femme qui rêvait d'une autre scène


diffusion le vendredi 12 juillet 2019 à 21h05 sur France 3

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– Ça m'intéresse.
– Je ne chantais pas les partitions de la femme, je chantais le baryton, en fait.
– Pourquoi pas ? Jamais le ténor ?
– Le baryton.
– Vous chantiez quoi ? Rigoletto", "Le Barbier de Séville".
– Des choses simples.
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– J'essayais.
– Vous voulez essayer ce soir, en baryton ?
– Oh, mon Dieu.
– Ahimè, ahimè, che furia. Ahimè, che folla ! Uno alla volta, per carità. Per carità. Uno alla volta. Per carità !
– Elle a été nourrie de l'idée des divas. L'opéra italien, à ce moment-là, était une culture populaire, et on a toutes ces héroïnes, "La Traviata", etc., qui vont se sacrifier, qui sont malheureuses, les circonstances sont contre elles. de ce médium populaire.
– Sono il factotum Della città !
– De son père et de l'opéra, Dalida ne va pas longtemps profiter. La Seconde Guerre mondiale éclate, et Pietro est contraint d'abandonner sa famille.
– Cette année-là, c'était la guerre. Dans la gare du Caire en pleurant, quand mon père embrassa ma mère, je n'étais encore qu'une enfant.
– L'Egypte était sous protectorat britannique. Les Anglais ont interné les Italiens dans le désert, c'était pas des camps nazis, mais c'était pas très joyeux. Quand le père est revenu, il était démoli. Il criait, il était violent. Il n'avait pas retrouvé son travail à l'opéra du Caire. C'était difficile. Elle écrivait qu'elle avait souhaité sa mort, qu'il disparaisse. Et là-dessus, il est mort.
– Enfant, je n'aimais pas mon père, je le haïssais. C'était un homme qui criait beaucoup, il faisait fuir les enfants. J'ai réalisé que cette haine était si proche de l'amour, que c'était encore plus que l'amour lui-même.
– Elle se sent très coupable de la mort de son père, elle n'y est pour rien, mais elle se dit : "Je l'ai rejeté quand il est revenu. "S'il s'était senti plus aimé, "serait-il mort? Il est peut-être mort de chagrin, le coeur brisé." Voilà, elle s'est dit ça.
– Son père disparu, Dalida est d'autant plus désespérée qu'elle ne s'aime pas. Elle se trouve sans charme.
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