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Journal 13h00


diffusion le vendredi 12 juillet 2019 à 13h00 sur France 2

– Seuls les proches et le personnel peuvent interpréter ces rares échanges. Elle maugrée.
– Ce n'est pas bien?
– Anne-Sophie est kinésithérapeute au sein de l'unité de vie. 2 à 3 fois par semaine, elle s'occupe du corps de ses patients.
– Je masse les tissus pour plus de confort. Le corps n'aime pas l'immobilité. Les mobilisations sont autant des soins de confort que de prévention. Elle émet des sons plus ou moins forts, fréquents, et il y a une communication de son corps, qui réagit ou surréagit si je vais trop vite ou trop lentement.
– Le service accueille 12 patients. Tous ont perdu la faculté de s'exprimer. Après 3 ans à leurs côtés, Mickaël, infirmier, a développé ses propres techniques pour communiquer lors des soins. Serrez-moi la main. Très bien. Il lui arrive parfois de sourire. En tant que soignant, c'est beau de voir ça. Dans un service où il n'y a pas de communication, voire très peu, avoir quelques phases où les patients sont vraiment conscients, qu'ils rigolent, qu'ils arrivent à nous répondre, ça fait du bien. Ça donne plus de vie qu'il n'y en a déjà.
– Vous en parlez entre vous?
– On débriefe énormément. On partage avec les autres soignants et les familles. Ça fait du bien de débriefer avec les familles et de leur dire: "Aujourd'hui, elle a serré la main."
– Irène vit au sein de l'unité depuis 6 ans. Son hospitalisation revient à 339 euros parjour. Elle est entièrement prise en charge par l'Assurance maladie.
– Vous venez voir Irène?
– Oui, comme tous les jours.
– Ici, Irène reçoit les soins qui l'accompagnent vers la fin de sa vie.
– Va se poser la question de jusqu'où aller dans l'arsenal thérapeutique. A priori, nous sommes assez minimalistes. On est là pour prendre soin, pas pour faire à tout prix vivre le plus longtemps possible ces personnes, mais en même temps, nous nous sentons en responsabilité devant des personnes très vulnérables, dont la société n'a pas envie, d'ailleurs, parce qu'ils ne font pas envie. Nous allons prendre soin d'eux, mais avec des moyens qui sont les nôtres.
– Pour faire face à la demande, la clinique Sainte-Elisabeth, à Marseille, compte augmenter sa capacité d'accueil d'ici à 2020 pour accompagner 15 patients supplémentaires.