logo Le moteur de recherche de la télé

Boulevard de la Seine


diffusion le vendredi 14 juin 2019 à 8h45 sur France 3

– J'ai jamais eu un franc, c'était un mec malheureusement très radin. C'est bien quand on dit ce qu'on pense. La plupart des gens n'ose pas. Surtout les hommes. Avec Dali, il m'a très souvent dessinée et il me payait très bien. Gala m'aimait carj'amenais des très beaux mecs à la maison. Elle m'en a emprunté certains. C'était mon plaisir de la satisfaire. Tout le monde veut savoir si c'était vrai que j'étais la maîtresse de D.Bowie mais je peux dire que c'est vrai car tout le monde le sait. Iggy Pop avait fait une chanson pour moi, "Girls".
– "Guess who is the happiest girl in townî", c'est en anglais, il y a 800 pages et c'est croustillant en anecdotes sur une période pas si lointaine que ça, on était très libres.
– Oui, il y avait eu la révolution culturelle de mai 68, il n'y avait pas encore eu la crise économique. C'est entre la pilule et le sida, la sexualité se libérait. On avait l'impression que le monde était un printemps entier. Après, il y a eu des désillusions mais cette génération a eu beaucoup de chance.
– Elle est incroyable. Elle a quel âge?
– La générosité de S.Wyss. Sa table...
– Elle continue à inviter à la maison?
– Un peu moins mais elle continue. Il y a des soirs où il y avait 15 personnes autour de la table, vous vous retrouviez entre Vanessa Paradis et Johnny Depp. Tout-Paris et le monde entier venaient chez Susi. Dois-je le dire? Elle va avoir 80 ans en décembre prochain. Bon pied bon oeil. La femme panthère.
– Elle dit beaucoup de choses, notamment: "Les musiciens font mieux l'amour que les autres" et elle sait de quoi elle parle.
– Elle a 6 pages dans le "Vogue" de ce mois-ci.
– Vous connaissiez ce personnage, Christophe? Je ne connaissais absolument pas ce personnage qui a été au coeur des nuits parisiennes. Jean-Noël en parlait, aurait-elle plu à S.Guitry? Ou trop sulfureuse, trop de personnalité?
– Elle aurait beaucoup plu à S.Guitry. Il ne l'aurait pas épousée car il lui fallait une autre trajectoire mais il en aurait sans doute fait une héroïne de ses pièces. Dans ce théâtre, on croise quelques-unes de ce qu'on appelait des demi-mondaines, des femmes qui faisaient leur carrière avec leur corps.