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Je t'aime, etc.


diffusion le vendredi 14 juin 2019 à 15h10 sur France 2

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– D.Burki: On a tous été dépendants affectifs, ne serait-ce qu'au début d'une relation.
– Claudia Weill : Au début de notre vie, surtout. La dépendance est un besoin primaire chez l'homme. On naît sans rien, sans fourrure. C'est là que se noue l'attachement. La manière que l'on a d'éprouver un attachement aux gens ou pas... Si cet attachement est mal fait par la suite, on développe une dépendance affective, car on n'a pas confiance en soi.
– P.Chapaux-Morelli: Tout à fait d'accord. D'ailleurs, je repars de ce que vient de dire ma collègue. La dépendance affective s'inscrit dans un cercle vicieux. Il y a tout un fil à dérouler. On part de l'estime de soi manquante ou défaillante qui appelle à quémander de l'amour. Il y a une pression sur l'autre. Cette pression mène au rejet. Se sentant rejeté et insécure, on en demande encore plus. C'est le cercle vicieux
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– D.Burki: Comment faire la différence entre la dépendance affective etjuste de l'amour?
– P.Chapaux-Morelli: Souvent, on se demande si les dépendants affectifs pathologiques savent vraiment aimer. Ils ont une façon d'aimer excessive.
– D.Burki: Comment identifier si on l'est ou pas?
– Caroline Diament : Ce n'est pas facile.
– P.Chapaux-Morelli: De façon globale, on l'identifie parfois soi-même quand on sent qu'on a une façon d'aimer intrusive, envahissante pour l'autre. Ou alors, on est tellement rejeté à chaque fois qu'on se dit que si on éjecte à chaque relation, c'est qu'il y a quelque chose. Ce n'est pas une question de quantité mais de qualité. C'est une façon de demander de l'amour sans arrêt, de demander confirmation de sa propre valeur à l'autre, d'avoir besoin d'être validé par le jugement de l'autre. "Sans toi, je ne suis rien." Au quotidien, c'est demander des informations du type: "Qu'est-ce que tu as fait aujourd'hui?" C'est une forme de jalousie, mais surtout un sentiment profond d'insécurité. C'est avoir besoin de téléphoner sans arrêt, avoir besoin de mots d'amour ou de confirmations.
– Claudia Weill : Il y a un élément important. On est dans la souffrance. On est mal dès que l'autre n'est plus là.
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