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Moi, Juan Carlos, roi d'Espagne


diffusion le vendredi 14 juin 2019 à 0h35 sur France 3

– Adolfo Suarez, c'est celui qui a démonté le système en faisant en sorte que les parlementaires franquistes se fassent hara-kiri en public, qu'ils se suicident devant les caméras, ce qui est assez insolite. Il y a une scène merveilleuse : la caméra est braquée sur A. Suarez qui se relâche, soulagé que ses efforts pour en finir avec le franquisme soient enfin récompensés.
– Il s'en est très bien sorti. Je lui en serai éternellement reconnaissant. Les Cortes de Franco auraient pu bloquer le processus. Ils ne l'ont pas fait. Je crois qu'ils se sont rendu compte de ce qu'avait été PEspagne et de ce qu'elle allait devenir.
– Le 15 décembre 1976, les Espagnols ratifient cette décision par référendum. A 94 % des voix, le franquisme est liquidé. Les mesures d'ouverture s'enchaînent à une cadence effrénée : liberté syndicale, amnistie partielle, dissolution du Parti franquiste, reconnaissance des identités régionales. Pourtant, la transition démocratique est en mauvaise passe. A Madrid, où le Parti socialiste espagnol tient son congrès après 40 ans d'exil, on ne veut pas d'une monarchie parlementaire. On veut la République.
– On ne voulait pas de la monarchie installée par Franco. C'était au Parlement de décider entre monarchie et République.
– A force d'habileté et de conviction, Suarez persuade les dirigeants de gauche que seule, la monarchie peut garantir la transition démocratique. Car seul, le roi est en mesure de contenir une armée ultra-conservatrice qui pourrait briser toute l'oeuvre accomplie.
– Nous avons fait une concession pour garantir la cohabitation. Ce consensus autour de la monarchie aurait-il pu être remplacé par un autre ? Non. Il aurait été très difficile d'en atteindre un autre.
– L'armée surveille de près l'ouverture politique. Jusque-là, elle a suivi le roi. Mais pour elle, pas question d'autoriser le retour du Parti communiste et de son chef en exil, "le Diable rouge", Santiago Carrillo.
– Je pensais qu'il ne pouvait pas y avoir de démocratie sans le Parti communiste. Il fallait en passer par là. S'il y avait des gens contre ?