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Moi, Juan Carlos, roi d'Espagne


diffusion le vendredi 14 juin 2019 à 0h35 sur France 3

– Quand un chef d'Etat dit de son 1er ministre qu'il est "un désastre sans palliatifs", évidemment, quelques jours plus tard, celui-ci démissionne.
– A peine débarrassé d'Arias Navarro, Juan Carlos prend de nouveau les observateurs à contre-pied et désigne pour lui succéder un homme politique de second plan : Adolfo Suarez. Ses alliés comme ses adversaires dénoncent une grave erreur de jugement. A l'international, c'est un tollé.
– Je savais que la presse allait m'assassiner et que j'aurais tout le monde contre moi. Mais moi, je savais que c'était ça qu'il fallait faire. Je l'ai connu du temps où il était directeur général de la télévision sous Franco. J'ai beaucoup aimé sa manière d'être, de parler, comme il était, en fait. Adolfo Suarez incarnait réellement le changement en douceur. Du moins, c'est ce que nous voulions faire.
– Juan Carlos vient de réaliser un coup de maître. Si Suarez a fait ses armes dans l'appareil franquiste, il est d'une autre génération que celle des vieillards au pouvoir depuis 40 ans.
– Ce programme, c'est aussi celui du roi. Et pour le réaliser, les 2 hommes savent qu'ils vont être confrontés à l'immobilisme des puissantes institutions franquistes.
– Dans l'armée, au Parlement, dans l'Eglise, il y avait des forces liées à l'ancien régime qui voulaient que rien ne change, ou que les choses ne changent qu'en apparence, "que tout change pour que rien ne change", comme disait Lampedusa.
– Mais les gens sensés se rendaient bien compte que l'Espagne ne pouvait pas continuer à vivre dans l'isolement, comme la lépreuse du monde.
– A ce moment-là, la démocratie, c'étaitjuste un discours.
– Jusque-là, Juan Carlos a joué la montre. Maintenant, il est décidé à prendre tout le monde de vitesse. En 3 mois, Suarez tente de convaincre un par un tous les parlementaires que le franquisme ne peut survivre à son fondateur. Il peut compter sur Fernandez Miranda pourjouer les entremetteurs. Il s'agit de faire voter aux députés une loi qui vise à en finir avec le régime de Franco. Juan Carlos a engagé toute sa crédibilité dans ce vote historique.