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Moi, Juan Carlos, roi d'Espagne


diffusion le vendredi 14 juin 2019 à 0h35 sur France 3

– Don Juan se considère toujours comme l'héritier légitime de la Couronne. Il a préféré suivre de loin la cérémonie qui voit son fils monter à sa place sur le trône si longtemps convoité.
– Oui, ça lui a coûté, bien sûr. C'est normal, c'est humain. Mais il m'a appelé pour me féliciter. Tout ce qu'on peut faire quand on est loin. Je pense qu'il a gardé ça pour lui. Comme on dit en Espagne : "Il faut savoir souffrir sans le montrer."
– Du haut de ses 37 ans, Juan Carlos est désormais le plus jeune chef d'Etat d'Europe. Il dispose des immenses pouvoirs de Franco. Mais tout reste à faire.
– Oui, c'était un poids énorme que j'avais sur les épaules. Aussi bien vis-à-vis du passé que de l'avenir. Le peuple espagnol ne savait pas à quoi s'en tenir à mon sujet.
– L'inconnu, pourJuan Carlos, c'est de gouverner sans autre expérience politique que celle de 40 années de dictature, avec un peuple rongé par le souvenir d'une guerre civile traumatisante. Le roi est seul.
– Il y a quelque chose de très important à prendre en compte : au moment où le roi est intronisé, la monarchie n'est pas populaire en Espagne.
– Juan Carlos vient à peine de monter sur le trône que déjà les Espagnols manifestent. Ils veulent le changement, mais aussi des routes, des hôpitaux et de meilleurs salaires.
– On n'avait jamais vu ça car c'était interdit. Une fois autorisé, les gens manifestaient. Il y avait ceux qui étaient d'accord et ceux qui ne l'étaient pas.
– Au lieu de répondre à l'impatience de la rue, le roi joue la carte de la continuité. Il confirme Arias Navarro dans ses fonctions à la tête du gouvernement.
– Je pensais qu'il fallait maintenir un président du gouvernement franquiste pour qu'il n'y ait pas à proprement parler de rupture. Ou que ce soit un changement. Et ça incluait d'avoir à supporter des choses un peu difficiles.
– Véritable chien de garde du régime, Arias Navarro prône l'immobilisme le plus total. Ce gage donné aux franquistes permet à Juan Carlos de nommer un progressiste à la tête du Parlement : Torcuato Fernandez Miranda, son ancien professeur de droit.