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Moi, Juan Carlos, roi d'Espagne


diffusion le vendredi 14 juin 2019 à 0h35 sur France 3

– Si j'étais croyant, je dirais que c'est un miracle. Mais je ne le dis pas.
– Laissant la politique aux élus du peuple, Juan Carlos peut maintenant se consacrer au rôle discret qu'il s'est choisi. La démocratie semble véritablement installée. Mais le 23 février 81, au Parlement, une séance extraordinaire réunissant députés et membres du gouvernement tourne au cauchemar. Coups de feu. 180 soldats armés, sous le commandement du lieutenant-colonel Tejero, prennent l'assistance en otage. A Valence, les chars sont dans la rue. Mais il y a plus grave encore : les putschistes déclarent agir au nom du roi. C'est la sidération.
– Un coup d'Etat, je ne m'y attendais pas. C'était bien un coup d'Etat. Les putschistes voulaient garder le roi et changer de gouvernement. dedans, il pouvait se passer n'importe quoi.
– Ca, pour une surprise ! Des hommes habillés en gardes civils, portant des tricornes du 19e siècle et des moustaches du 17e siècle, criant et injuriant les gens. On s'est dit : "C'est quoi, ça î!" On était très angoissés parce que c'était des barbares.
– Depuis la Zarzuela, Juan Carlos appelle un à un les chefs d'état-major de l'armée. Epreuve de conviction et d'autorité.
– Ça m'a aidé énormément, mes 4 années passées à l'Académie militaire. D'avoir des camarades parmi eux, ça m'a beaucoup servi.
– Les heures passent et les Espagnols n'ont toujours pas de nouvelles du roi. Il doit prendre la parole, vite. Mais la télévision est aux mains des insurgés.
– Oui, ça a pris du temps. Et les gens s'angoissaient. Mais pour l'anecdote, le chef des troupes qui tenaient la télévision était très ami du chef de la maison royale. Lui aussi venait de la cavalerie. Ils se sont parlé et il lui a dit: "Que fais-tu comme bêtise ?! Laisse sortir les caméras !" Et l'autre a dit : "Oui, à vos ordres, mon général." J'en ai enregistré 2, 2 discours, qui sont partis à la télé par 2 itinéraires différents. J'ignorais ce qui pouvait se passer dehors. Les gens ont éteint la télé et sont partis se coucher en se disant : "Plus de danger." Et le lendemain matin, c'était terminé.