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C'est au programme


diffusion le jeudi 13 juin 2019 à 10h00 sur France 2

– Il faut apprendre à avoir des temps pour la technologie, des temps de savoir-être ensemble?
– Eryck Abecassis : Il faut avoir des temps de déconnexion. Il faut définir ces temps d'une façon rituelle. Ritualiser et sacraliser... Pas une forme religieuse de sacré, mais retrouver des moments sacrés. Le repas est un moment sacré. C'est un moment où on échange, où on se regarde dans les yeux. Ce n'est pas un moment où on est avec le portable. Le week-end et le dimanche, pourquoi pas un jour de déconnexion que l'on fixe. Si on ne le ritualise pas, on ne le fait pas. C'est le dimanche, on est ensemble. On retrouve l'espace du jeu et de la conversation qu'on a perdu. Les cerveaux de nos enfants sont captifs de leur portable.
– Sophie Davant : Vous dites que les écrans et les nouvelles technologies ont transformé l'amour. Quelle est votre vision du couple en 2019?
– Eryck Abecassis : Je suis très inquiète. J'ai l'impression que l'amour est entré dans le marché, comme le dit la sociologue E.Illouz. Je sais que les réseaux sociaux permettent les rencontres dans un monde très individualiste. J'ai très peur. Je suis inquiète de cette marchandisation du sentiment.
– Sophie Davant : Vous dites qu'en amour, tout commence et tout finit par un texto, de nos jours.
– Eryck Abecassis : Souvent, on rompt par texto. Il y a quelques années, ce n'était pas possible de rompre par texto.
– Sophie Davant : On ne s'écrit plus des lettres d'amour, mais le SMS est un très joli langage de l'amour.
– Eryck Abecassis : C'est une belle entrée dans l'amour que d'écrire des SMS. Ça peut mettre du liant et faire débuter de très belles relations. Il faut savoir l'utiliser à bon escient et pas virtualiser la rencontre. Beaucoup de gens ne vivent que dans le monde virtuel, avec des échanges derrière leurs écrans qui peuvent durer des mois et des mois pour finalement aboutir à une rencontre qui sera forcément décevante. C'est cette virtualisation qui font peur dans le nouveau désordre amoureux.
– Sophie Davant : Je trouve qu'on s'appelle de moins en moins. On se parle de plus en plus par texto. On hésite de plus en plus à se parler.