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Les trésors de Marcel Pagnol


diffusion le jeudi 13 juin 2019 à 0h55 sur France 3

– Il est propulsé comme l'un des auteurs les plus prometteurs.
– Quand son père est venu à Paris, Marcel l'a amené voir "Topaze" qui était à la 500e représentation. C'était fantastique. Et le père Pagnol dit avec l'accent de Marseille que je ne sais pas très bien imiter: "Tout ça est très joli, ces gens s'amusent bien... "Mais je voudrais bien savoir comment tu gagnes ta vie."
– "Marius", je l'ai écrit parce que j'étais à Paris. Si j'étais resté à Marseille, je ne l'aurais pas fait. C'est né du regret de ma ville natale, ou presque natale puisque je suis né à Aubagne. En l'écrivant, je ne songeais pas à le faire jouer à Paris. Je pensais à mon ami Franck qui dirigeait les trois théâtres de Marseille, dont l'Alcazar. Il m'appela au téléphone et me dit: "Tu es un malheureux. "Je refuse de jouer cette pièce chez moi avant sa 1 000e à Paris. "Va voir Volterra de ma part."
– Léon Volterra, c'est le roi des spectacles à Paris. Parti de rien, vendeur à la sauvette à l'entrée des théâtres, il a atteint le sommet d'un véritable empire. Il a fait le Casino de Paris et le Théâtre de Paris. Avec sa femme Simone, il dirige le Marigny et le Lido. Surtout, il fait tourner les têtes dans son légendaire Luna Park, aux portes de Paris.
– Un jour, il me dit: "J'ai acheté 175 pingouins "pour Luna Park. Ils sont à Dakar." Je lui dis : "Ils vont crever, "s'ils sont à Dakar." Il me dit : "Ils viennent du pôle Sud." Alors Léon a fait construire un grand Frigidaire à Luna Park pour ses pingouins, et, de temps en temps, on allait en prendre deux. Ils voltigeaient sous l'eau... Ils faisaient... Et hop, on les rentrait vite et on en sortait deux autres. Il a gagné plusieurs millions avec ses pingouins parce qu'il croyait que le pôle Nord. C'était un homme merveilleux. Et puis, il avait la baraka, il avait la chance.
– Volterra produit chaque saison des dizaines de spectacles. Il a sous contrat un certain Jules Raimu.
– J'ai dit à Volterra : "Il faut absolument me donner Raimu." "Oh, laisse-le où il est ! Il est très bien à Marigny." Il ne voulait pas me le donner parce qu'il faisait le succès de toutes ses revues.