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Les trésors de Marcel Pagnol


diffusion le jeudi 13 juin 2019 à 0h55 sur France 3

– Plus rien ne le retient désormais.
– J'ai retiré mes économies de la Caisse d'Epargne : 1 300,25 francs.
– Et où veux-tu aller avec ça ?
– A Paris. Voici mon billet de chemin de fer.
– Tu as pris un aller-retour ?
– Oh non ! Je reviendrai dans ma 8 cylindres.
– Peintres, compositeurs, chorégraphes, romanciers... Les artistes du monde entier se sont donné rendez-vous dans la Ville Lumière. Paris est une fête. C'est l'endroit où il faut être, et Marcel ne veut pas rater le bal de la modernité. S'il veut briller un jour, il doit quitter Marseille et monter à la capitale. Il accepte un poste de professeur d'anglais au lycée Condorcet. Le nom de Pagnol est indissociable de la ville de Marseille, mais c'est à Paris qu'il passera la majeure partie de sa vie. que sa carrière va basculer.
– Alors M. Brun, ce Paris, ça vaut la peine d'être vu ?
– Ah, c'est impressionnant !
– Vous vous êtes beaucoup promené ?
– Chaque soir, j'allais flâner.
– Vous avez vu Landolfi ?
– Vous êtes pas allé à Paris, alors.
– J'en viens.
– Et vous n'avez pas vu Landolfi ?!
– Alors il est mort.
– Peuchère !
– Mais non ! Paris est grand.
– Oui, c'est grand. Mais c'est vraiment beaucoup plus grand que Marseille ?
– J'ai vu au moins 40 Canebière.
– C'est le voyage qui vous a fatigué, M. Brun ? Après on dira que c'est nous, les Marseillais, qui exagérons. Vous êtes bien lyonnais, vous ! Oh, coquin de sort !
– Pagnol est venu à Paris en conquérant. Un guerrier romantique qui a pour seule arme une revue littéraire et une pièce en quatre actes. Il n'a pas un sou en poche. Il ne connaît qu'une seule personne dans la capitale. Il se précipite pour retrouver son camarade de Marseille, le critique littéraire Paul Nivoix.
– C'est par lui que vous avez...
– Rencontré des gens de théâtre. Il était journaliste à "Comoedia", le grand quotidien du théâtre. Applaudissements.
– Ensemble, au fil des années, Paul et Marcel écument les générales et les soirées mondaines. Ils courent les salons littéraires, côtoient le Tout-Paris des arts, les jeunes écrivains... Mais il faut bien se rendre à l'évidence, pour tous ces gens, le jeune Pagnol n'est encore qu'un petit professeur de province et, accessoirement, directeur d'une revue confidentielle.