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Sénat en action


diffusion le jeudi 13 juin 2019 à 0h25 sur France 3

– Si la mesure fait l'unanimité du point de vue pédagogique, elle a fait resurgir le débat sur le financement de l'école privée, hérité de la loi Debré.
– On posait la question de remettre à plat la loi Debré. Il était peut-être temps. La loi Debré, c'est donner la même chose au public et au privé. Ça veut tout et rien dire. Aujourd'hui, peut-être qu'on aurait dû identifier ce que l'on devait donner, quel était le coût réel d'un enfant dans le public et dans le privé, et faire une règle commune.
– On est aujourd'hui globalement dans ce que les uns et les autres appellent une paix scolaire, dont je crois que personne n'a intérêt à réveiller. Et si jamais il y avait des velléités de réveil, il faudrait que l'Etat et la collectivité territoriale s'interrogent sur ce que leur coûterait le fait de devoir scolariser elles-mêmes 2 millions d'élèves de plus.
– L'instruction à 3 ans fait redouter un appel d'air vers un secteur privé qui a déjà le vent en poupe. Mais au-delà de ce débat, quelles perspectives la loi Blanquer dessine-t-elle pour l'école publique de demain?
– J'ai toujours considéré que tirer le système vers le haut était la 1re des mesures de justice sociale car ça bénéficie aux élèves qui n'ont pas autre chose que l'école dans leur milieu familial pour compenser la non-excellence qui existerait. On a besoin de fournir de l'excellence pour tous et ça commence par l'école maternelle, une belle école maternelle, une école de confiance ou l'enfant s'épanouit, acquiert du vocabulaire et ce faisant, va bien démarrer son CP. Ce sont ces idées-là qui sont derrière la loi. Bien sûr, la loi a des aspects techniques, qui ne sont pas toujours faciles à comprendre mais c'est trop facile d'aller appuyer là-dessus pour dire qu'elle n'a pas d'importance. L'avenir le montrera.
– Ces évolutions ne nous conviennent pas. Elles ne nous paraissent pas correspondre au défi majeur de l'école en France, c'est-à-dire la réduction des inégalités d'origine sociales dans la réussite scolaire et l'ouverture des possibles pour tous les enfants. La loi ne va pas tuer l'école publique, elle ne va pas tuer l'école maternelle mais ce qu'elle dessine comme évolution ne nous convient pas et ne répond pas aux défis essentiels de l'école.