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Crimes conjugaux

Dans les yeux d'Olivier


diffusion le jeudi 13 juin 2019 à 0h15 sur France 2

– C'est déjà bien comme ça. Je me suis résignée quelque part. Après toutes ces années de batailles juridiques qui fatiguent.
– Oui.
– Et toutes ces années à se cacher, c'est fatigant. J'ai préféré me résigner, me dire : "Tant pis si je refais pas "ma vie de femme, mais au moins mon fils sera bien."
– Chez vous, je ne sens pas de haine, pas de colère.
– J'en ai eu. C'est trop douloureux de vivre dans la haine ou dans la colère. C'est pas possible. On peut pas vivre comme ça. Je ressens pas de la haine. Je me dis que c'est des années gâchées. C'est du gâchis. C'est dommage. On aurait pu sûrement faire des choses formidables. Voilà. Plus de la tristesse par rapport à ça.
– Vous étiez très amoureuse ?
– Oui, je l'ai profondément aimé.
– Avez-vous moins peur ?
– J'ai beaucoup appris. Il y a des situations avec mon ex-compagnon que je vais gérer beaucoup mieux. Je saurai comment le prendre et... Et je saurai dire stop. Alors qu'avant... Quand on est battue, on sait pas dire stop.
– Avant, cette peur vous tétanisait.
– Vous étiez... immobilisée. Aujourd'hui, cette peur ne semble plus vous tétaniser.
– Sauf lors de ses très très grandes colères, où là, tout va revenir. Mais c'est assez rare. Il y a quelques mois, il s'est mis dans une colère terrible. Et là, toutes mes peurs me sont revenues, toutes mes angoisses. C'est terrible, ça vous revient en pleine figure alors qu'on pense qu'on est forte. Et on se rend compte qu'on n'est pas tout à fait guérie.
– Est-ce que vous vous sentez accompagnée, protégée, aujourd'hui?
– Pas plus que ça. Je me trouve assez seule dans ce combat.
– Quand vous regardez derrière vous, cette honte que vous éprouviez quand vous preniez des coups, est-ce qu'elle est toujours présente ? On arrive à s'en défaire ?
– Oui. Aujourd'hui, j'ai compris que c'est pas à moi d'avoir honte. C'est aux auteurs d'avoir honte, pas aux victimes. Il faut pas avoir honte d'être victime. Ca, j'en suis consciente. J'aurai plus honte d'être victime.
– A toutes celles qui n'ont pas fait la démarche de parler, que leur diriez-vous ?
– De bien pouvoir se protéger juridiquement avant de partir.